n°1189
avril 2007
Actualité
Dossier pharmaceutique
Des avancées malgré tout
Après le choix de l’hébergeur Santéos et la fixation de bases légales, l’élaboration du dossier pharmaceutique s’apprête à entrer dans une phase pilote.
Après une accumulation de retards, le dossier médical personnel (DMP) devrait finalement entrer en application début 2008. « Il reste un an pour mettre en place l’ensemble du dispositif », indiquait Jacques Sauret, le directeur du GIP-DMP, lors des rencontres du CIP 2007. Le dossier pharmaceutique (DP), développé pour le pharmacien dans l’intérêt du patient, sera étroitement associé au DMP puisqu’il alimentera son volet médicament tout en restant un projet autonome. Afin de préparer le terrain, 600 pharmacies volontaires vont expérimenter le DP dans six départements (Doubs, Meurthe-et- Moselle, Nièvre, Pas-de-Calais, Rhône et Seine-Maritime) dès le mois d’avril. Objectif : tester en réel le mode de recueil du consentement du patient pour ouvrir son dossier, tester l’ouverture du DP en elle-même, son alimentation et sa consultation. Cette phase permettra de vérifier le bon fonctionnement du dispositif et d’effectuer d’éventuels réglages pour les aspects techniques (logiciel, liaison, mise en relation avec l’hébergeur) et relationnels (documentation pour le patient, recueil de son consentement pour l’ouverture du DP, supports d’informations, etc.). Une fois les ajustements nécessaires effectués, la généralisation du dispositif démarrera à l’automne 2007. Adaptations techniques La création et la consultation des DP seront possibles au fur et à mesure de la mise à jour des systèmes informatiques. C’est pourquoi les pharmaciens concernés sont invités à prendre contact avec leur SSII pour connaître la date où leur équipement pourra recevoir les nouvelles fonctionnalités nécessaires au DP. Si la pharmacie dispose d’une ligne ADSL et d’un logiciel métier prêt à recevoir la mise à jour DP, le pharmacien pourra créer des dossiers pharmaceutiques, les alimenter et les consulter. Par contre, s’il ne dispose pas d’une connexion haut débit et/ou si le logiciel de la pharmacie n’intègre pas la mise à jour DP, le pharmacien pourra seulement alimenter les dossiers créés, en temps décalé. Avoir accès au DP en ligne implique la mise à jour de l’ensemble des versions de tous les logiciels par les SSII, qui sera forcément progressive. Pour Pierre Leportier, « l’exploitation en parallèle du DMP à l’officine apparaît complexe », et les échéanciers, « très ambitieux ». Faudra-t- il deux connexions distinctes pour le DP et le DMP ? Qu’en sera-t-il en termes d’interopérabilité et de temps de connexion ? Qu’en sera-t-il de la responsabilité juridique des pharmaciens ? De l’impact pour eux du coût de développement des logiciels métier correspondants ? Autant de questions qui restent en suspens.
Fanny Rey
Photo Miguel Medina
À RETENIR
- Le DP est un outil professionnel accessible aux seuls pharmaciens (d’officine, dans un premier temps, une réflexion étant engagée pour intégrer les médicaments dispensés par les pharmaciens hospitaliers).
- Il alimentera le volet médicament du futur DMP, dont le décret devrait paraître en avril prochain.
- Il est créé avec le consentement des patients, alimenté et consulté en leur présence.
- Il contient les informations sur les médicaments dispensés en ville, prescrits ou non, pendant les quatre derniers mois (délai nécessaire pour évaluer l’iatrogénie et les éventuelles redondances en raison de l’existence de grands conditionnements).
- Les données issues du DP ne sont pas conservées dans le logiciel métier après la consultation.
- Après accord du patient, les données du DP sont versées au DMP, qui les gardera vingt ans en mémoire.