n°1189 avril 2007
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Actualité Edito Face aux candidats
Ce n’est plus un secret pour personne : à la veille d’échéances électorales majeures, c’est à un profond sentiment d’inquiétude que cèdent la majorité des pharmaciens d’officine. Il n’est pas besoin de chercher bien loin les raisons de ce malaise : le plan médicament draconien mis en oeuvre l’an dernier, associé à la régulation très forte des contrats de coopération commerciale sur les médicaments génériques, concourent à un contexte économique déprimant. Mais au-delà, l’inquiétude de la profession plonge aussi ses racines dans l’affaiblissement de notre modèle d’exercice au sein de l’Europe, ainsi que dans le manque de visibilité à moyen et long terme quant à l’évolution de nos missions et de notre place dans la société. Consciente de ces problématiques, la Fédération n’a pas attendu le scrutin présidentiel pour alerter le personnel politique, en France et en Europe. Nous avons été parmi les premiers à observer que la tendance européenne allait vers l’application d’une logique concurrentielle dans le monde de la santé. A cela, nous avons toujours opposé l’intérêt supérieur du malade et de la société, qui fixent aux gouvernants une impérieuse exigence politique : celle de préserver, contre les assauts de la dérégulation libérale, les formidables atouts d’un réseau de santé publique de proximité au service de tous. Force est de constater que nous attendons toujours des engagements fermes en la matière. Nous sommes également conscients des enjeux que soulèvent le vieillissement de la population et l’apparition de besoins nouveaux en termes de maintien à domicile, d’observance et d’accompagnement, tout comme nous constatons les sourdes angoisses que suscite la désertification médicale en milieu rural. Premier acteur de soins, le pharmacien est éminemment averti du rôle nouveau qu’il sera appelé à jouer dans les années qui viennent. Encore faut-il qu’on lui en donne les moyens ! Que ce soit dans le cadre du développement des aides à domicile ou des plans d’accompagnement thérapeutiques – pour ne citer que ces dossiers – la profession doit être étroitement associée aux prises de décisions. Au-delà, il faut également lui donner les moyens financiers de ces nouvelles ambitions sanitaires, qui exigeront de sa part un effort accru en termes de formation et de présence auprès des malades. Sur ces points, là aussi, nous attendons des réponses de la part du corps politique.

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Il serait trop simple, et pour tout dire malhonnête, de réduire ces questions à un débat corporatiste de plus. Il est donc naturel que les candidats à l’élection présidentielle, et après eux les candidats aux élections législatives, annoncent clairement la couleur. Ils ont commencé à le faire dans ce numéro du Pharmacien de France, et nous vous laissons juges de la fermeté de leurs positions sur des points aussi fondamentaux que la préservation du monopole pharmaceutique, de la répartition démogéographique des officines ou de la propriété unipersonnelle de l’officine. De son côté, la Fédération des syndicats pharmaceutique de France compte bien leur faire préciser leurs intentions, dans un dialogue direct avec la profession, à l’occasion de la grande Convention nationale que nous organisons le 27 mars à Paris, en présence des principaux candidats à la magistrature suprême. Nous sommes convaincus de la nécessité de défendre les fondamentaux de notre réseau officinal, et de promouvoir les nouvelles missions des pharmaciens. C’est donc face à face, et en présence du plus grand nombre d’entre vous, que nous ferons part à nos futurs dirigeants des graves préoccupations de la profession et de l’exigence de clarté qu’appellent les enjeux sanitaires de demain.

Pierre Leportier
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France
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