n°1199 avril 2008
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Actualité Automédication Dernière ligne droite avant la réforme
Alors que le décret concernant l’automédication est en phase de finalisation, un sondage confirme que les pharmaciens sont hostiles au passage de médicaments en libre accès.
Réalisé en janvier dernier à la demande de l’Ordre, le Baromètre Ipsos Santé indiquait que seuls 37 % des Français se disaient favorables au fait de pouvoir acheter certains médicaments en libre accès en pharmacie. Cette fois, ce sont les pharmaciens qui ont été invités à se prononcer sur le passage devant le comptoir de 226 spécialités à prescription facultative d’ici le mois de juin au plus tard. Le verdict est sans appel : une grande majorité (84 %) des sondés estiment qu’il s’agit d’une mesure (très) mauvaise, seuls 13 % estimant qu’elle est « plutôt bonne » et 1 %, « très bonne ». Motifs d’inquiétude : les conséquences de cette réforme, pour les trois quarts d’entre eux. Ils sont 68 % à penser que ces médicaments « risquent d’être disponibles dans la grande distribution dans les toutes prochaines années ». Un pharmacien sur neuf estime par ailleurs que ce changement sera inefficace pour responsabiliser le patient, et ils sont presque aussi nombreux à douter que cela permette à la Sécu de faire des économies. Paradoxe de cette enquête : malgré l’hostilité à cette mesure, le refus de créer un espace dédié ne suit pas, 44 % y étant favorables, dans un futur plus ou moins proche. Deux tiers de ceux qui envisagent de créer une zone de libre accès affirment qu’ils accompagneront systématiquement les patients dans leur choix.

Inviolabilité

A deux mois de l’échéance, les acteurs du médicament se sont réunis mi-mars au ministère de la Santé pour préciser dans quelles conditions certaines spécialités à PMF pourront être vendus devant le comptoir. Cette réunion a permis de soumettre à concertation deux projets de décret relatifs au passage devant le comptoir de ces produits. Le projet de décret relatif à la présentation en accès direct de certains médicaments prévoit les conditions générales de la mise en oeuvre de la mesure, en attendant que l’Afssaps fixe la liste définitive des médicaments « de médication officinale » en accès libre, qui sera publiée au Journal officiel. « Si le projet de décret reste en l’état, les médicaments passant devant le comptoir seront définis comme une catégorie spécifique de médicaments, ce qui facilitera la possibilité de les sortir de l’officine », déplore Philippe Gaertner, président de la Fédération. L’autre projet de décret prévoit la nécessité que le conditionnement desdits médicaments «comporte un dispositif d’inviolabilité garantissant qu’il n’a pas été ouvert avant sa dispensation », et précise qu’il consistera, dès le 1er avril, en un filmage transparent. Les industriels ont d’ores et déjà fait part de leurs inquiétudes quant aux délais impartis, mais l’Afssaps rejette toute période transitoire.

Fanny Rey
Photo Miguel Medina

* Enquête Ipsos / Pharmagora « L’automédication et le libre accès aux médicaments » réalisée les 12 et 3 février 2008.
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