n°1199 avril 2008
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Actualité Edito Acteur du changement
Des voix s’élèvent parfois pour brocarder l’immobilisme des pharmaciens, et pour moquer leur répugnance à toute idée d’évolution. A la pendule des Attali, des Beigbeder et autres rapporteurs, l’officine afficherait de manière chronique un dramatique retard sur la marche du monde. Quel mauvais procès ! Quiconque a connu les conditions d’exercice en vigueur il y a vingt ou trente ans peut témoigner des profondes mutations que nous avons su imprimer à notre profession. Cette impérieuse nécessité du changement imprègne notre vocation syndicale, qui consiste à se tenir au coeur des réformes qui nous concernent. Si nous défendons pied à pied les piliers de l’officine – la répartition démogéographique, la propriété du capital et le monopole de dispensation – c’est pour mieux nous permettre d’avancer. C’est sur ces trois fondamentaux que s’enracine notre capacité à améliorer la qualité de nos actes, pour peu que notre environnement économique assure la viabilité de nos officines et nous permette de nous investir dans la formation et dans l’élargissement des services que nous rendons aux patients. Notre capacité à évoluer s’est ainsi illustrée dans la récente réforme de la loi de répartition des officines. Ces modifications, qui sont détaillées dans ce numéro du Pharmacien de France, ont été pensées et discutées en étroite concertation avec la FSPF et nous ne pouvons, pour l’essentiel, que nous satisfaire du résultat. Hormis quelques points sur lesquels nous n’avons pas été suffisamment suivis, les nouvelles modalités de transferts et de regroupements permettront au réseau de s’adapter – comme il l’a toujours fait – aux mouvements et aux besoins de la population. Mais qu’on ne s’y trompe pas : il faut parfois hausser la voix pour être admis à s’exprimer sur les réformes qui nous concernent. Récemment, il a ainsi fallu exiger d’être associés à un chantier sur les Dasri initié par le ministère de la Santé : on allait, sans même penser à nous consulter, mettre sur pied de nouvelles procédures dans lesquelles, évidemment, il nous serait demandé de prêter un concours actif… Un comble. S’imposer au coeur du dispositif ne nous met pas totalement à l’abri de mesures discutables, mais contribue à en maîtriser les conséquences. Le dossier des médicaments de prescription facultative en est l’exemple. Cette réforme est voulue par la ministre de la Santé, et l’on sait qu’une énorme majorité de pharmaciens y est défavorable. La Fédération a tout fait pour amender les textes proposés, mais l’on sait d’ores et déjà que le projet final ne sera pas en adéquation avec nos demandes. Ce texte aura pour effet de sectoriser, pour ne pas dire saucissonner, un pan entier de notre coeur de métier, en établissant une démarcation artificielle entre deux familles de médicaments, dont l’une seulement serait qualifiée de « médication officinale ». Et l’on nous vend comme un concept nouveau la démarche de conseil associé qui s’appliquera à cette catégorie de produits déplacés devant nos comptoirs ! Cette réforme est d’autant plus incompréhensible que son objectif d’économies semble incertain. L’appel de la FSPF à la modération des prix des médicaments sortis en janvier du champ du remboursable a sans doute eu plus d’effets sur la trésorerie des ménages. Que ce dossier ne nous empêche toutefois pas de poursuivre dans la recherche constante du progrès au service de nos concitoyens. Le soutien résolu affiché par notre ministre de tutelle auprès de nos parlementaires prouve la pertinence de la politique d’accompagnement du changement menée par la FSPF.

André Kuypers
Président de la Commission Exercice professionnel de la FSPF

Photo Miguel Medina
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