n°1199 avril 2008
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Santé Polémique Antiépileptiques : la substitution innocentée
L’Afssaps s’est forgée un avis sur l’impact de la substitution en matière d’épilepsie : aucun lien ne peut être établi entre récidive de crises et prise de génériques.
Tout serait finalement une question de stabilité de traitement des patients épileptiques et de meilleur encadrement des prescriptions : pas de quoi restreindre ni interdire la substitution pour les antiépileptiques. Initiée en avril 2007, l’évaluation des antiépileptiques « n’a pas permis d’établir scientifiquement à ce jour l’hypothèse d’une récidive des crises du fait de la substitution générique », a indiqué Jean Marimbert,Des suspicions qui ont atteint leur paroxysme avec l’annonce de deux cas de décès chez des épileptiques directeur général de l’Afssaps, dans ses conclusions présentées le 11mars. A l’origine de la polémique : une enquête auprès de 300 neurologues révélant des problèmes fréquents chez des patients sous traitement générique, des récidives de crise, des cas d’aggravation d’épilepsie mal contrôlée voire de nouveaux effets secondaires. Des suspicions qui ont atteint leur paroxysme avec l’annonce de deux cas de décès chez des épileptiques, avant que le lien avec des génériques ne soit écarté. A défaut de preuves, des données suffisantes pour que l’Afssaps se saisisse de ce dossier pour tenter d’en objectiver les données.

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Les éléments disponibles « ne permettent pas d’affirmer que les cas rapportés sont liés à un défaut de bioéquivalence des génériques par rapport aux princeps », indique Jean Marimbert, qui réfute cette mise en cause, arguant que « des mesures générales ne seraient pas proportionnelles à l’état des connaissances ». L’épilepsie concerne 500 000 personnes en France Le risque potentiel serait plutôt « inhérent à tout changement de spécialités, que ce soit un princeps ou un générique, dans un sens comme dans l’autre ». Autre paramètre important : les facteurs susceptibles de provoquer une crise, tels que l’anxiété anticipatoire, plus spécifiquement incriminée dans les récidives. La priorité serait donc d’expliquer aux patients ce que sont les génériques et de vérifier que leur utilisation ne suscite pas d’appréhension particulière. Une fois n’est pas coutume : face à des réticences ou des craintes persistantes, le praticien est invité à indiquer « non substituable » sur l’ordonnance, que le médicament prescrit soit un princeps ou un générique. Au pharmacien ensuite de vérifier que l’ordonnance ne comporte pas une telle mention et que la substitution est pleinement acceptée par le patient. En espérant que, dans ce contexte, la Sécu ne pénalisera ni les patients ni les professionnels de santé réfractaires à la substitution.

Fanny Rey
Photo DR
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