n°1199 avril 2008
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Actualité Rémunération Achat, la nouvelle donne
Qu’ils effectuent leurs achats en direct ou non, les officinaux peuvent désormais intégrer à leur marge tout ou partie de celle du grossiste.
Qu’ils effectuent leurs achats en direct ou non, les officinaux peuvent désormais intégrer à leur marge tout ou partie de celle du grossiste.
Tout est parti du souhait du gouvernement de récupérer 50 millions d’euros auprès des grossistes-répartiteurs, conformément à la LFSS 2008. Pour ce faire, l’arrêté de marge publié le 6 mars au Journal officiel abaisse la première tranche de marge des grossistes de 19,30 à 9,93 %, instaure une quatrième tranche de marge de 0 % au-delà de 400 euros et modifie les éléments constituant la marge des pharmaciens. Ces derniers peuvent désormais y ajouter tout ou partie du montant de la marge brute du grossiste, même en cas de vente directe. Avec, pour corollaire, la fin du risque de poursuites lorsqu’ils achetaient leurs génériques au prix fabricant sans amputer le prix de vente du montant de la marge du grossiste. A première vue, les fournisseurs seraient donc les principaux perdants de cet arrêté. Mais à mieux y regarder, ce texte est plus problématique pour l’officine qu’il n’y paraît. Car cette nouvelle donne implique une baisse de prix pour la quasi-totalité des spécialités remboursables – exception faite de celles dont le prix fabricant est inférieur à 0,82 euro – et leur revignetage dans un délai de trois mois pour écouler les médicaments aux anciens prix. Mais que faire des spécialités qui auront été livrées la veille de la date butoir ?

L’échéance du 6 juin


C’est là que le bât blesse : pour la première fois, les délais d’écoulement des anciens produits sont communs aux industriels, aux grossistes et aux pharmaciens. Jusqu’au 6 juin, tous peuvent continuer à écouler leurs stocks, et les médicaments anciennement vignettés continueront à être pris en charge par la Sécu. Mais dès le 7 juin, ils se verront tous obligés de facturer aux nouveaux prix. La Fédération s’est clairement prononcée contre ces modalités d’écoulement de stocks « complètement irréalistes », selon Philippe « Tout ce qui affaiblit le fournisseur est préjudiciable pour l’officine », Philippe Besset, président de la commission économie à la Fédération  Besset, président de la commission Economie à la FSPF. « On l’a dit et redit, en vain. Nous avons simplement obtenu une réunion à mi-étape pour voir où en sont les stocks et décider d’éventuelles mesures à prendre. Par ailleurs, nous ne souhaitions pas la création d’une quatrième tranche et estimions que la contribution demandée aux grossistes était excessive. Par ricochets, tout ce qui affaiblit le fournisseur est préjudiciable pour l’officine. Considérer qu’absorber la marge grossiste constitue une manne supplémentaire me laisse perplexe. A terme, cela accentuera les disparités entre les pharmacies. » L’arrêté de marge n’a pas non plus tenu compte de l’hostilité de la Fédération quant à la création d’une tranche à taux zéro, « tout acte de revente impliquant des coûts de stockage, un risque de bris, de péremption... A effort financier égal, il aurait été plus logique d’envisager une baisse des taux. »

Fanny Rey
Photo Miguel Medina
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Baisse des prix simultanées
Le CEPS a informé fin février les industriels et organisations syndicales que les baisses de TFR et de prix prévues pour plus de 200 spécialités inscrites au répertoire des génériques seraient concomitantes avec celles dues à la modification de l’arrêté de marge. Une décision du CEPS à paraître au Journal officiel, devrait prochainement modifier le montant des TFR et fixer des dispositions d’écoulement des stocks en conformité avec la date limite d’écoulement des anciens prix TTC prévue dans l’arrêté de marge modifiant la marge du grossiste.