n°1209
avril 2009
Santé
En bref
Alli, la polémique du prélancement
Fin janvier, Alli – la fameuse pilule « antiobésité » sans ordonnance – obtenait son AMM européenne de justesse. Depuis, la controverse s’amplifie. En attendant que la version « light » du Xenical soit disponible en pharmacie, d’ici l’été, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer les possibles dérives d’usage du médicament de GSK, qui serait notamment susceptible de renforcer les troubles du comportement alimentaire. Prescrire fait largement écho à ce scepticisme. Dans son édition de mars, la revue estime qu’Alli occupe une place « marginale » dans la prise en charge de l’obésité. Selon les auteurs de l’article, s’il peut permettre de perdre quelques kilos, c’est au prix de troubles digestifs fréquents et parfois gênants.
Retour au bon sens ?
Mieux vaut donc « promouvoir la diététique, l’activité physique et un soutien personnalisé ». Selon la revue, le délistage de l’orlistat montre que l’offre des laboratoires pharmaceutiques est « à côté de la plaque ». Et de conclure, lapidaire : « Pour que cela change, il faudra tout autre chose qu’une “automédication’’ conçue en priorité au service de la santé économique des firmes ». De fait, le potentiel commercial d’Alli est énorme : aux Etats-Unis, ce médicament fait partie des trois produits les plus vendus en automédication. Dernier rempart contre les dérives d’utilisation, facilitées par la vente libre et par une guerre des prix prévisible, le pharmacien devra-t-il se substituer au nutritionniste ? A lui en tout cas de rappeler que l’orlistat réduit la biodisponibilité des contraceptifs oraux, avec les risques qui en découlent. A lui aussi de rappeler que la prise simultanée de ciclosporine ou d’anticoagulants oraux est contre-indiquée.
Fanny Rey
Photo Miguel Medina