n°1209
avril 2009
Actualité
Génériques
Substituez !
L’arrivée de médicaments « techniques » dans le Répertoire ne va pas simplifier la tâche des pharmaciens pour remplir les nouveaux objectifs négociés avec l’Assurance maladie.
Fin 2008, les pharmaciens n’ont pas atteint leur taux de substitution de 82,9 %, arrivant un petit point en-dessous. Catastrophe ? Non. Seulement un demi-échec : le directeur de la Cnam, Frédéric Van Roekeghem, leur a même adressé un satisfecit. Les 900 millions d’euros d’économies qu’ont permis les génériques l’année dernière l’aident bien sûr à garder le sourire, mais ce n’est pas la seule raison : cette année, l’Assurance maladie compte encore plus sur les pharmaciens. L’objectif 2008 sera reconduit sur 2009 : il s’agit donc de « monter » les nouvelles molécules rapidement pour obtenir les taux attendus et ce, sans profiter de l’effet « boost » de la mesure « tiers payant contre générique » puisqu’elle est déjà en place dans plus de 80 départements. Contrairement aux apparences, il ne faut donc pas mollir, d’autant que l’« affaire fentanyl » pointe les nouvelles limites de la substitution. Petit rappel des faits : le laboratoire Ratiopharm a été le premier à mettre sur le marché un patch générique du Durogésic en novembre dernier. Déception pour le labo allemand, les pharmaciens renâclent à substituer cet antalgique de niveau III : pas moins de 72 % des potards sondés refusent de délivrer le générique.
Polémiques en série
Les raisons sont multiples : produit technique, classé en stupéfiant et destiné à des patients souffrant de pathologies lourdes… Le fentanyl n’est pas anodin, c’est certain ! Les recommandations émises par l’Afssaps* à la sortie du générique ont également joué en sa défaveur : elles concernaient toutes les spécialités à base de fentanyl mais ont été considérées comme spécifiques au Fentanyl Ratiopharm. Confusion entretenue en sus par un courrier alarmiste du laboratoire princeps aux professionnels de santé… Malgré ce mic-mac scientifico-économique, le message est pourtant clair et la campagne « C’est officiel, vous pouvez substituer » que lance Ratiopharm auprès de 12 000 pharmaciens avec le soutien de la FSPF veut le rappeler : le générique est possible dans tous les cas, à condition bien sûr que le médecin n’ait pas marqué « NS » sur l’ordonnance. La Fédération a d’autant plus de raisons d’insister sur la substitution du Durogésic que la molécule fait partie du « baromètre » de la Cnam pour l’année 2009 (voir encadré). Biosimilaires, stupéfiants, médicaments à marge thérapeutique étroite, produits chers ou à faible rotation : les génériques deviennent de plus en plus techniques. Une seule condition : sur ce genre de produit, pas d’aller-retour. Le patient devra commencer son traitement avec le générique ou un princeps, l’important est ensuite de s’y tenir ! A vous de jouer.
Laurent Simon
Photo Miguel Medina
* Consultables sur www.afssaps.fr Les pharmaciens hésitent à substituer Durogésic par son générique.

Votre objectif pour 2009
Accepté par l’Assemblée générale des présidents de la FSPF, l’avenant 2009 au contrat générique n’a pas encore été signé au moment où nous écrivons ces lignes, mais le sera selon toute probabilité durant le mois d’avril.
■ Les départements au-dessus de 80 % doivent au moins conserver le taux atteint en 2008, même s’ils n’avaient pas atteint leur objectif. Sont concernés :
Ain, Aisne, Allier, Alpes-de- Haute-Provence, Ardèche, Ariège, Aube, Aude, Aveyron, Calvados, Cantal, Charente- Maritime, Corrèze, Côte-d’Or, Dordogne, Doubs, Drôme, Eure-et-Loir, Gard, Haute- Garonne, Gers, Gironde, Hérault, Ille-et-Vilaine, Indre, Indre-et-Loire, Isère, Jura, Landes, Loir-et-Cher, Loire, Haute-Loire, Loire-Atlantique, Lot, Lot-et-Garonne, Lozère, Manche, Haute-Marne, Mayenne, Meurthe-et-Moselle, Morbihan, Moselle, Nièvre, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Puyde- Dôme, Pyrénées- Atlantiques, Pyrénées- Orientales, Bas-Rhin, Haut- Rhin, Rhône, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Sarthe, Savoie, Haute-Savoie, Seine-Maritime, Seine-et-Marne, Somme, Tarn, Tarn-et-Garonne, Var, Vaucluse, Vienne, Vosges, Yonne, Territoires-de-Belfort, Réunion.
■ Les départements retardataires devront arriver à 80 %.
■ Le taux national de substitution devra s’élever fin 2009 à 82,9 %.
■ La mesure « tiers-payant contre générique » s’appliquera progressivement dans les départements où elle n’a pas encore été mise en place.
■ La substitution de ces molécules sera particulièrement surveillée : Bisoprolol / Bisoprolol + Hydrochlorothiazide / Clarithromycine / Fosinopril / Gliclazide / Lamotrigine / Pantoprazole / Prednisolone / Risperidone / Ropinirole / Tramadol / Valproate de sodium / Venlafaxine / Buprenorphine / Fentanyl / Amlodipine / Cefpodoxime / Glimepiride / Lansoprazole / Omeprazole / Paroxetine / Pravastatine / Ramipril / Sertraline / Simvastatine
■ Les pharmaciens qui n’appliquent pas la mesure «tiers-payant contre générique » ne seront pas inquiétés par leur CPAM, à condition toutefois de substituer à plus de 55 %.