n°1209
avril 2009
Santé
Médecine
Les points forts du Medec
La 37e édition du Medec vient de se tenir à Paris. L’occasion de faire le point sur les dernières avancées thérapeutiques.
Rendez-vous annuel de la médecine générale, le Medec cuvée 2009 a permis de faire le point sur des thèmes qui intéressent aussi les pharmaciens. Nous en avons retenu deux, particulièrement préoccupants en termes de santé publique.
Rougeole et coqueluche reviennent
On remarque actuellement dans la population une certaine désaffection à l’égard des vaccins classiques (rougeole, coqueluche) et donc une recrudescence de ces deux maladies. Plus de 500 cas de rougeole ont été déclarés en 2007 en France, selon l’Institut national de veille sanitaire (ce qui signifie sans doute 5 000 cas existants). Par ailleurs, en janvier 2009, une enfant de 12 ans est décédée d’une rougeole. La coqueluche est également en augmentation car les personnes vaccinées perdent leur immunité au fil du temps, comme d’ailleurs celles qui ont eu la maladie. L’objectif des dernières recommandations du calendrier vaccinal est d’immuniser l’entourage du nourrisson. Il est ainsi recommandé de vacciner les jeunes adultes (25-30 ans), les futurs parents et les personnels de la petite enfance. Hélas, le message n’est pas suffisamment connu ! Aujourd’hui, seul un enfant sur deux a eu un rappel entre 11 et 13 ans et moins de 10 % des jeunes adultes. La coqueluche est pourtant chez les adultes une maladie pénible et contagieuse : la toux peut durer plusieurs mois, malgré les traitements, avec des risques de pneumothorax ou de fractures de côtes. Enfin, la vaccination contre l’hépatite B est également trop peu pratiquée. Les doutes autour du déclenchement de sclérose en plaques suite à une vaccination anti-hépatite B expliquent le mauvais taux de couverture : moins de 30 % chez les nourrissons et 40 % chez les adolescents.
Prévention de l’athérosclérose dès le début de la vie
Dans le palmarès des facteurs de risques des maladies cardiaques, le cholestérol arrive en tête : il est responsable de la moitié des cas d’infarctus. Le tabac et l’hypertension sont responsables On remarque une certaine désaffection à l’égard des vaccins classiques de 36,4 % et 23,4 % des cas devant le diabète (12,4 %). Le cholestérol a une origine génétique dans un cas sur deux, mais dans l’autre moitié des cas, il dépend des facteurs environnementaux (alimentation, activité physique...). « La diminution du cholestérol observé dans les populations vient à la fois de l’amélioration de la diététique et de l’utilisation des statines », selon le Pr. Eric Bruckert (Pitié- Salpêtrière). Les mesures diététiques s’appliquent dès le plus jeune âge, et la première d’entre elles consiste à diminuer les acides gras saturés. « L’athérosclérose est un processus qui débute précocement dans la vie et c’est dès l’enfance que doit commencer la prévention. » estime le Pr. Jean- Philippe Girardet (Hôpital Armand Trousseau, Paris). Les stries lipidiques qui constituent les lésions élémentaires de l’athérosclérose sont observées sur l’intima des vaisseaux à partir de l’âge de 3 ans et leur importance est corrélée au taux de LDLcholestérol. « L’allaitement maternel, sans que l’on sache très bien pourquoi, diminue de 25 % le risque d’obésité. Les enfants allaités au sein ont un taux de cholestérol plus bas que ceux nourris artificiellement. Il en est de même pour les chiffres de la tension artérielle qui sont plus bas. » Il faut donc promouvoir l’allaitement maternel : la France se trouve à l’avant-dernière place en Europe pour son taux de femmes qui allaitent : moins de 50 % à la sortie de la maternité et moins de 10 %, 4 mois plus tard !
Christine Fallet
Photo Miguel Medina