n°1209 avril 2009
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Santé Polémique Les antennes-relais divisent juges et savants
Malgré des messages sanitaires « rassurants », la multiplication des décisions de justice ne fait que raviver la crainte quant aux dangers potentiels des ondes électromagnétiques.
Les études sur les dangers supposés de la téléphonie mobile se suivent et se ressemblent, concluant à l’absence de risque avéré et au nécessaire principe de précaution. Et laissent le quidam sur sa faim. Or, trois décisions de justice relancent la polémique. Le 4 février dernier, Bouygues Télécom était condamné en appel à démonter une antenne-relais dans le Rhône. Le 16 février, c’était au tour de SFR, dans le Vaucluse. Le 5 mars, Orange se voyait interdire d’installer une antenne-relais dans le Maine-et-Loire. A chaque fois, la justice a tranché en faveur des riverains, au nom du principe de précaution. Une première en France, qui a provoqué l’ire de l’Académie de médecine,
La justice a tranché en faveur des riverains, au nom du principe de précaution qui s’est empressée de relever l’absence de risque avéré desdites antennes dans un communiqué de presse daté du 4 mars. Ces dernières entraîneraient « une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100 000 fois plus faible que les téléphones portables : être exposé pendant 24 heures à une antenne à 1 volt par mètre donne la même exposition de la tête que de téléphoner avec un portable pendant 30 secondes ». Et d’enfoncer le clou : « On ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques, dans cette gamme d’énergie et de fréquence, pourraient agir sur la santé et l’homme ne dispose d’aucun système sensoriel permettant de les percevoir ». Une prise de position brocardée par Le Canard enchaîné, le rédacteur du communiqué étant par ailleurs une « figure éminente du conseil scientifique de Bouygues Télécom »...

Clarifier le débat


Quoi qu’il en soit, cet avis vient conforter celui du gouvernement. Nathalie Kosciusko- Morizet, secrétaire d’Etat au Développement de l’économie numérique, a la première souligné la nécessité de « faire écho à l’inquiétude des Français », même si la littérature scientifique l’incite « à plus de réticence » Fronde des maires et des parents d’élève, scepticisme des juges : tout concourt à relancer la polémique sur l’usage du téléphone que sur celui des antennes. Même son de cloche chez Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Le contexte a donc poussé le Premier ministre à organiser une table ronde le 23 avril, qui réunira autour de Roselyne Bachelot les deux secrétaires d’Etat, des représentants de la société civile, des opérateurs, des associations et des scientifiques. Intitulée « radiofréquence, santé, environnement », elle visera à faire le point sur les connaissances scientifiques et réglementaires actuelles. Dans la lettre de mission adressée à la ministre de la Santé, François Fillon souhaite que ce « débat-citoyen » fasse le distinguo entre téléphones portables et antennes-relais. Selon lui, « l’approche de précaution paraît justifiée sur la question de l’impact sanitaire de l’utilisation des téléphones mobiles, bien que les expertises disponibles ne permettent pas de conclure sur le lien éventuel entre utilisation de téléphone mobile et risque de cancer ». Mais « l’hypothèse d’un risque pour la santé pour les populations vivant à proximité des antennes-relais de téléphonie mobile ne peut être retenue en l’état actuel des connaissances ». La querelle juridico-scientifique a de beaux jours devant elle.

Fanny Rey
Photo Miguel Medina
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Un polar d’actualité
Instigateur des Journées mondiales sans téléphone portable, Phil Marso publie le premier ouvrage de vulgarisation en la matière. Wifi, ampoules basse résolution, lignes haute tension, écrans d’ordinateur : ce polar aborde l’électromagnétisme sous tous ses aspects. Le « premier livre de prévention pour les ados sur les dangers du téléphone portable », selon l’auteur. Braquage de neurones !
Phil Marso – Ed. Megacom-ik
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