n°1219 avril 2010
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Actualité EDITO Assez de mots, des actes !
Il vient un moment où parler dans le vide devient insupportable. Un moment où les démonstrations par A+B, les projections économiques, les plaidoiries pour une profession économiquement touchée, ne suffisent plus. Il revient aujourd’hui au gouvernement, et plus précisément aux ministres en charge de la Santé, des Finances et des Comptes sociaux, de se concerter pour nous apporter les réponses que nous demandons en vain, et depuis trop longtemps. Nos confrères n’en peuvent plus ! Et, parmi eux, ceux qui n’ont pas encore remboursé leur outil de travail, ceux qui se battent seuls dans des régions désertées par les médecins, ceux qui continuent à assurer une présence sanitaire et sociale dans des quartiers en déshérence, combien de ceux-ci survivront-ils à l’année 2010? En restera-t-il beaucoup pour continuer à assurer dans ces territoires un métier qu’ils aiment, une mission de service public à laquelle les Français attachent une importance vitale ? Cette incertitude hypothèque lourdement la confiance que nous pouvons continuer à porter à nos gouvernants.
Si rien n’est fait pour enrayer la dégradation de notre économie, la fin de cette législature et la fin du mandat présidentiel en cours signeront aussi l’échec cuisant d’une politique confrontée à d’immenses défis en matière de santé et d’aménagement du territoire. Disparaîtront du paysage des officines de campagne, des officines de quartier et de zones sensibles si indispensables à nos concitoyens.
  Il revient aujourd’hui au gouvernement de nous apporter les réponses que nous demandons en vain, et depuis trop longtemps.
La structure de notre rémunération date de plus de dix ans. Il y a dix ans, un gouvernement de droite et un gouvernement de gauche qui y avait succédé avaient tous deux su prendre la mesure de l’urgence. Un nouveau modèle de rémunération avait alors pu être négocié entre l’État et les pharmaciens, en tenant compte des réalités économiques du moment, des volumes et des prix constatés. Cet effort d’adaptation consenti par les gouvernants d’alors s’accompagnait d’une contrepartie nouvelle : confier aux pharmaciens, par l’octroi du droit de substitution, la responsabilité de contribuer à l’essor d’un marché porteur d’économies pour la collectivité. Nous avons très, très largement relevé le défi, démontrant qu’une meilleure rémunération du réseau pouvait être très largement compensée par des économies nouvelles.
Si la substitution générique continue de battre son plein, la structure de rémunération alors mise en place a en revanche vécu, et doit être réformée rapidement. L’urgence est telle, d’ailleurs, que l’ensemble des organisations syndicales de pharmaciens a choisi de porter une demande de revalorisation. La FSPF demande depuis deux ans le relèvement du seuil de notre première tranche de marge. Aujourd’hui, cette demande que d’aucuns considéraient incongrue est plus que jamais fondée et vérifiée. Les administrateurs de la FSPF, de même que les présidents de syndicats départementaux réunis dans notre Assemblée générale, nous font part de votre détresse. Cette détresse, nous l’éprouvons tous sur le terrain.

Après des avertissements adressés de toutes parts, c’est donc de manière concertée et unitaire que la FSPF et les autres syndicats pharmaceutiques portent cette demande solennelle. Le temps de la réponse est venu.

Philippe Gaertner
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

Photo Miguel Medina
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