n°1219 avril 2010
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Pratique Marché Une croissance comprimée
La compression médicale connaît depuis deux ans une croissance en baisse, mais n’en reste pas moins une importante ressource pour les officines qui en possèdent l’exclusivité de la distribution. Analyse.
 Sept millions et demi de paires vendues par an pour vingt-deux millions de personnes souffrant d’insuffisance veineuse en France… Voilà de quoi entretenir un climat hyperconcurrentiel ! Plus enclins à exposer leurs nouveautés que leurs chiffres de vente, les fabricants dégagent cependant des tendances. Première constatation, la compression pour les hommes représente aujourd’hui 20% des ventes et contribue à la bonne santé du marché : plus de quatre millions de mi-bas et de chaussettes vendus en 2009 et une progression de 5,6%, contre 4% pour la compression tous articles confondus. Le laboratoire Innothéra, numéro 2 avec 20% de parts de marché, a été le premier à leur consacrer une gamme (Legger). Le leader Ganzoni et Thuasne, numéro 3, lui ont emboîté le pas. On voit aussi le retour des collants avec la mode des leggings : chez Ganzoni, « les ventes sont passées de 2 à 5% ces dernières années, avec une nette progression pour la gamme Opalis, d’aspect mat », analyse Marc Duvigneau, chargé de clientèle. On observe le même essor chez Thuasne (gamme Venoflex Kokoon).  

Solution « low cost »

Bien que la tendance soit à l’opacité, la microfibre et les gammes transparentes restent très demandées. La texture Diaphane, une des matières les plus anciennes de Ganzoni, représente à elle seule 27% du marché national de la contention femme. Chez Innothéra, la gamme Varisma Comfort, « en microfibre labélisée Tactel, est le segment qui fonctionne le mieux », insiste Marie Valentin, chef de produit, tandis que Clémence Sordet, qui occupe les mêmes fonctions chez Thuasne, déclare que « la gamme Venoflex Incognito tire le marché vers le haut ».
La compression pour homme représente près de 20 % du marché national. La transparence se porte également bien chez Ganzoni (Sigvaris Éclat), pour Innothéra (Varisma Transparence), Radiante (Voile Invisible et MicroVoile) et Gibaud (Lumière by Venactif). À l’inverse d’une tendance portée sur l’innovation, le laboratoire DJO tente de s’octroyer une part du marché en faisant du prix son argument. Bien que sa gamme Veinax soit encore limitée (trois matières, trois à cinq couleurs, pointure et hauteur uniques), elle permet aux pharmaciens de proposer des mi-bas, bas et collants entièrement remboursés. « Veinax doit détenir 1 à 2% des parts de marché, estime Éléonore Lecoeur, responsable marketing. Quant à la progression des ventes, on est aux alentours de + 25% par an, sans faire de pub. » La méconnaissance de la maladie ou la stagnation des prescriptions ne sont donc peut-être pas les seules limites du marché. Dans un contexte de baisse après des années fastes (jusqu’à + 25% en 2006!), la diminution des dépassements – en moyenne 15 à 25 euros par article – ne serait-elle donc pas un levier à considérer ?

Anaïs Bellan
Photo : Miguel Medina  
 

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Les « plus » labos
Ganzoni : un large choix de matières et de coloris. La gratuité de certaines retouches (pied ouvert et transformation en bas cuisse). Des chaussettes et bas de classe 3, faciles à enfiler avec la gamme Expert.
Innothéra : le plus large choix de motifs sur le marché avec la gamme Varisma Comfort Model. Motif proposé pour les bas de classe 3. Des innovations brevetées :
• le procédé Foot Improved Profile facilite l’enfilage et améliore le confort (diminution des pressions sur le dos et le cou-du-pied) ;
• le label 3 UP System assure la bonne tenue de la chaussette et évite l’effet garrot.
Thuasne : d’après l’Institut français du textile et de l’habillement, le bas de compression de classe 2 le plus transparent du marché, avec la gamme Venoflex Incognito