n°1219 avril 2010
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Actualité POLEMIQUE Sandoz s’en va-t-en guerre
Quand le grand patron d’un laboratoire de génériques s’indigne des niveaux des remises accordée aux pharmaciens, cela ne passe pas inaperçu. 
« No comment ». Hubert Olivier, vice-président du Gemme, l’association regroupant la majorité des labos français de génériques, est peu loquace quand il s’agit de commenter les propos du patron de Sandoz, n° 2 mondial du générique (voir encadré). On le comprend. Jeff George a mis un gros pied dans un énorme plat : celui des marges liées aux génériques en France. Très concurrentiel, le marché ne fait pas de cadeau et peut-être le fait que Sandoz soit passé de la 3e à la 5e place française en 2009, avec une part de chiffre d’affaires inférieure à 10%, a facilité le coup de gueule. Jeff George avait également en ligne de mire la « générication » du Plavix, qui avait donné lieu à une bataille à couteaux tirés à l’automne 2009. On se souvient notamment de la plainte déposé par Teva auprès de l’Autorité de la concurrence (voir Le Pharmacien n°1215 « Génériques : toujours plus haut ! »).

Mauvais joueur ?

Dérapage ou déclaration tactique, la sortie du dirigeant «Monde » de Sandoz, en s’attirant les foudres de la profession, ne fait en tous cas pas vraiment les affaires de sa filiale. « De nombreuses dispositions sont prévues par la loi et les pharmaciens ne sortent pas des clous : s’il y a des facturations supplémentaires, elles viennent de groupements ou de regroupements de pharmaciens. Mais c’est le jeu », estime Philippe Gaertner, président de la FSPF. Sandoz France avait déjà été fragilisé en 2006 par des « problèmes de management », selon les termes de Jeff George… En réalité des irrégularités comptables qui avaient mené au départ de l’équipe dirigeante. Le labo doit maintenant faire face à un possible déficit d’image lié aux déclarations à l’emporte-pièce de l’un de ses plus hauts gradés. On souhaite bon courage à Frédéric Collet, l’actuel président de Sandoz France, pour redresser la barque.
Laurent Simon
Photo : Miguel Medina  

Qu’a-t-il dit ?
« Nous regrettons qu’il existe en France des pratiques de rabais aux pharmaciens qui vont bien audelà de ce qu’autorise la loi. C’est une spécificité de ce marché à laquelle nous refusons de nous conformer. Je préfère perdre du terrain en respectant l’éthique qu’en gagner en l’oubliant (…). Nous devons donc continuer à dialoguer avec les autorités pour assurer une plus grande équité».   Jeff George, patron de Sandoz, la branche générique de Novartis (La Tribune, 12 mars).  
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Très concurrentiel, le marché du générique ne fait pas de cadeau.