n°1229 Avril 2011
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Actualité ENJEUX HPST : l'heure du bilan
Un an après la mise en place des ARS et bientôt deux ans après la promulgation de la loi HPST, l’Igas se penche enfin sur l’officine à qui de nouvelles missions ont été confiées. Mais la pharmacie a-t-elle les moyens de se les approprier ? Ces fameuses missions la sauveront-elles d’une économie rudoyée ? Quel est leur réel intérêt ? Éléments de réponse.  
Les Agences régionales de santé fêtent en avril leur premier anniversaire. La nouvelle clé de voûte du système de santé français, créée par la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST), chapeaute ainsi la coordination entre professions de santé, la réduction des zones sous-médicalisées ou encore l’éducation thérapeutique, pour ne citer que quelques-unes de ses nombreuses missions. Alors que l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) se penche sur l’officine et que les médecins entament la négociation d’une nouvelle convention avec l’Assurance-maladie, cet anniversaire est l’occasion de dresser un premier bilan de la montée en charge de la loi HPST, fort des résultats du sondage auquel vous avez largement participé. La FSPF vous avait en effet invités, en février, à contribuer aux travaux de l’Igas à travers un questionnaire ; 2 700 réponses ont été reçues, permettant de prendre le pouls d’une officine malmenée. Les résultats confirment d’ailleurs une situation économique dégradée pour 97 % d’entre vous (voir ci-dessous).

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« La loi HPST constitue une chance sans précédent, estime Hélène Charrondière, directrice des études et du conseil chez Direct Research, qui publie, en partenariat avec l’agence-conseil en affaires publiques Nile, la première étude de l’Observatoire de la régionalisation du système de santé *. De telles menaces pèsent sur l’organisation et l’économie du réseau que l’opportunité est immense de s’inscrire dans cette loi qui renforce la légitimité du monopole de compétences et essaie de trouver des pistes d’activités nouvelles pour répondre partiellement à cette dégradation. Les pharmaciens ont donc tout intérêt à la saisir, d’autant qu’il n’est pas certain que d’autres opportunités se présenteront dans les années qui viennent. »
Ces pistes, ce sont celles de l’article 38 de la loi HPST qui consacre le rôle du pharmacien dans la prise en charge des soins de premier recours, lui propose de devenir pharmacien référent en établissement d’hébergement des personnes âgées dépendantes (Ehpad), de participer à l’éducation thérapeutique et aux actions d’accompagnement des patients et, avec le statut de « pharmacien correspondant », « jette les bases d’une revalorisation de l’acte pharmaceutique et conforte clairement le pharmacien d’officine dans sa dimension de professionnel de santé, analyse Hélène Charrondière. Les officinaux ont d’ailleurs mieux saisi globalement les enjeux de cette loi pour leur propre intérêt que les médecins. » L’industrie pharmaceutique aussi a compris le rôle croissant qu’occupe et va occuper le pharmacien auprès du patient, tout comme le manque de formation et d’information. Elle compte donc bien s’y engouffrer, développer des outils pratiques au comptoir et lui consacrer une place de plus en plus importante dans sa « stratégie marketing », don, titulaire à Nozay (Loire-Atlantique), a contacté lui-même le réseau Asthme 44 lorsqu’il s’est ouvert aux pharmaciens il y a cinq ou six ans. De formation en formation, il est devenu animateur – à raison de séances de trois heures rémunérées environ 300 euros – et a intégré le comité de pilotage. « J’interviens à l’extérieur de l’officine grâce à un personnel épatant. Mon adjointe accepte ainsi de me remplacer, explique-t-il. J’ai toujours pensé que nous étions rémunérés pour un acte invisible : l’analyse de la prescription. Le fait d’avoir un autre contact avec le patient me permet d’établir une relation en tant que professionnel de santé. C’est une reconnaissance. »

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Nathalie Calop qui, elle, n’exerce plus à l’officine, s’est aussi lancée dans l’éducation thérapeutique il y a environ quatre ans au sein du réseau Resic 38, le réseau des insuffisants cardiaques de l’Isère. Elle y fait un peu office de « pharmacien volant » lorsqu’aucun confrère n’est disponible pour un patient qui a accepté d’être pris en charge. la rémunération de cet acte dérogatoire, fixée a 35 euros la séance de 45 minutes a 1 heure, quelle que soit la profession de l’« éducateur », implique l’animation de séances individuelles ou collectives, la rédaction d’un compte rendu, la participation a des réunions de coordination, etc. un gros investissement mais qui s’avère « extrêmement productif », assure Nathalie Calop. la plupart des patients trouvent cela « fabuleux », renchérit Philippe Grandon pour qui « l’éducation thérapeutique est une ouverture d’esprit, une attitude. cela prend du temps, nous n’avons rien a y gagner pour l’instant mais c’est maintenant que les places sont a prendre. » Maintenant, ou jamais. ¬

Anne-Laure Mercier

* santé, acteurs et régions : analyse et prospective de la régionalisation du système de santé en France.
 

NOTABENE : sondage réalisé sur le site de la fspf auprès de 2 700 répondants entre le 22 janvier et le 10 mars 2011.
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