n°1185 décembre 2006
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Santé AMP L’aide à la procréation
Environ un couple sur six consulte pour demander une aide à la conception. Différentes techniques médicales peuvent être utilisées pour résoudre les problèmes de fertilité.
Avant d’envisager une prise en charge, il est généralement admis que deux ans « d’essais » infructueux sont nécessaires. Un bilan pour déterminer les causes d’infertilité est ensuite, pour le couple, la première étape indispensable.

IIU, FIV, ICSI...

L’assistance médicale à la procréation (AMP) est de plus en plus employée car elle permet à un nombre croissant de couples d’être parents, même dans des cas difficiles. Celle-ci peut intervenir soit en favorisant la fécondation naturelle in vivo (la technique la plus simple utilisée est l’insémination artificielle), soit en remplaçant la fécondation naturelle par une fécondation artificielle : fécondation in vitro (Fiv) classique avec simple mise en contact spermatozoïdes-ovules ou micro-injection intra-ovocytaire de spermatozoïdes (ICSI). L’insémination intra utérine (IIU) est le procédé utilisé en première intention en cas d’obstacle au niveau du col utérin ou pour certains problèmes d’infertilité masculine. D’après les statistiques, 80 % des grossesses sont obtenues dans les quatre premières tentatives. Lorsque les trompes sont obturées ou absentes, c’est la Fiv classique qui est indiquée. Elle est également employée lors de stérilité masculine ou quand l’IIU a échoué. L’Icsi s’adresse, elle, presque uniquement aux stérilités masculines. Pour augmenter les taux de grossesse, ces techniques impliquent une stimulation de l’ovulation à l’aide d’inducteurs.

Induction de l’ovulation


Cependant, le traitement de la stérilité ne fait pas forcément appel aux techniques d’AMP. Ainsi, le traitement par induction de l’ovulation donne la possibilité aux femmes ayant des désordres hormonaux ou ovariens (dysovulation ou anovulation) d’ovuler normalement et de concevoir un enfant naturellement. Le succès dépend néanmoins du moment des rapports, ceux-ci devant coïncider avec l’ovulation. Un suivi de la réponse des ovaires au traitement est indispensable (dosages hormonaux et échographies folliculaires). Les anti-oestrogènes (citrate de clomifène) sont les traitements de première intention et donc les plus souvent prescrits. En cas d’échec ou d’intolérance, d’autres médicaments, plus puissants, sont proposés (gonadotrophines, etc.). Une fois obtenue une bonne maturation folliculaire, une injection d’hCG permet de déclencher le processus d’ovulation. Parfois, l’organisme déclenche trop tôt l’ovulation. Pour allonger la phase de maturation du follicule, une ou plusieurs injections d’analogues de la LHRH sont alors pratiquées. A part le citrate de clomifène, les inducteurs sont soumis à une prescription restreinte. Très encadrée sur le plan législatif, l’AMP doit, quant à elle, être réalisée dans des centres spécialisés répondant en France à des normes de qualité rigoureuses.

Claire Grevot
Photo Miguel Medina

* L’Enfant de l’Espoir, 89 rue de la Championnière, 37250 Veigné. Tél. : 02 47 73 18
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Témoignages
Après avoir été confrontés à des problèmes de fertilité et donné naissance à une petite fille issue d’une FIV, Thierry Guillin et sa femme ont fondé, en 1994, l’association l’Enfant de l’Espoir*. Il explique : « Nous écoutons, soutenons, orientons les couples en difficultés. Les parcours sont parfois très longs, très difficiles, les couples enchaînant insémination, Fiv et ICSI. La Sécurité sociale rembourse quatre tentatives de Fiv et jusqu’à six essais pour l’insémination. Mais ce nombre n’est pas toujours suffisant pour aboutir à une conception, notamment dans le cas des Fiv. Cinq ou six ans, c’est, dans le meilleur des cas, le temps qu’il faut à un couple ayant des problèmes de fertilité pour arriver à concevoir ».