n°1185 décembre 2006
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Santé Greffes Dons de moelle, l’urgence
Il y a trop peu de donneurs potentiels de moelle en France. L’Agence de biomédecine lance une grande campagne pour y remédier.
Vous vous souvenez de Noëlie ? Cette enfant d’un an était atteinte d’une forme grave de leucémie, et ses parents n’avaient pas hésité à lancer un appel au don de moelle osseuse par le biais d’Internet en 2003. Depuis, le message continue de se propager sur la Toile, en dépit du décès de la fillette en juin 2004. Il y a quelques semaines, un cas identique est survenu à Cherbourg : Nancy Lamache, 22 ans et atteinte de la même maladie, lançait un émouvant appel au don. Beaucoup de médias ont alors appelé les particuliers à contacter l’Etablissement français du sang le plus proche. Seulement, ce type de démarche n’est pas adapté, car les EFS ne sont pas de taille à gérer ces demandes spontanées. Le seul moyen d’apporter une aide efficace consiste à s’inscrire au registre France greffe de moelle. Car au-delà du cercle familial – seulement 25 % des cas – on ne donne pas sa moelle à une personne, on la propose à tous. C’est en substance le message que souhaitait faire passer l’Agence de biomédecine à travers sa nouvelle campagne (photo).

Des besoins énormes

Le Registre France greffe de moelle manque cruellement de donneurs masculins, et notamment d’origine maghrébine, antillaise ou africaine. En fait, il accuse pas mal de retard sur ses voisins : seuls 140 000 Français y sont inscrits, ce qui est largement insuffisant. Le but est de faire décoller le nombre d’inscrits de façon à faire moins appel à la solidarité internationale. Les trois quarts des greffons de moelle en France proviennent en effet de l’étranger : 60 000 donneurs potentiels de plus permettraient de ramener cette proportion à un sur deux seulement, et d’économiser pas mal de fonds. Vu les précautions qui entourent leur transport, les dons de moelle d’origine hexagonale sont trois fois moins chers que les greffons étrangers. Seulement, les capacités d’inscription au Registre sont limitées. « Quand on incite à donner, la moindre des choses est de répondre rapidement », résume Carine Camby, présidente de l’Agence de biomédecine. Ce n’est malheureusement pas toujours possible. « Suite à ce genre de campagne, nous recevons de nombreux coups de fil de gens qui devront en fait attendre un, deux voire trois mois. Xavier Bertrand nous a néanmoins promis que nous pourrons intégrer jusqu’à 20 000 donneurs par an », témoigne Roland Rab, président de France moelle espoir. Pourquoi rationner le nombre d’entrants malgré un Registre plutôt maigrelet ? Parce qu’un sérotypage HLA coûte de 180 à 200 euros et que les crédits ne sont pas extensibles. Ce qui signifie que le palier de 200 000 donneurs ne pourra être atteint avant plusieurs années.

Laurent Simon
Photo Miguel Medina

Renseignements disponibles sur www.agence-biomedecine.fr // N° vert : 0800 20 22 24)

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Les organes aussi
L’association « Greffe de vie » (www.greffedevie.fr) lance également une action nationale pour le don d’organe. « Notre campagne est volontairement gaie, nous ciblons un public jeune, notre conviction est que le don d’organe devienne une cause nationale », se félicite Yvanie Caillé, sa présidente. «Greffe de vie » distribue des kits : quatre cartes, une à garder, les trois autres à distribuer à son entourage, qui pourra ainsi témoigner de la volonté du défunt de donner ses organes, le cas échéant. Une aide appréciable lors de prises de décisions souvent brutales et inattendues. La majorité des prélèvements se font sur des sujets en mort encéphalique : leur peau est chaude, ils respirent et le coeur bat. « Il y a 30% de refus de la part des familles, alors que de leur vivant, 82 % des gens se déclarent pour le don d’organe », témoigne Yvanie Caillé. « Les raisons du refus sont rarement fondées : les gens pensent par exemple que s’ils sont porteurs d’une carte de donneurs, les médecins ne vont pas tout faire pour les sauver. »