n°1185 décembre 2006
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Actualité Journée de l’Ordre Gant de velours
Traçabilité et contrefaçon de médicaments, automédication et dossier pharmaceutique ont été quelques-uns des thèmes abordés par Xavier Bertrand à l’occasion de la XIXème journée de l’Ordre, le 9 novembre.

L’ambiance a bien changé, en un an. En novembre 2005, alors que Xavier Bertrand venait de faire marche arrière, renonçant à mettre en place un TFR généralisé, la tension et la méfiance étaient encore palpable chez les officinaux. Un an après, revoici le ministre serein, confiant au vu du chemin parcouru. Déficit de l’Assurance maladie divisé par quatre en trois ans, progression significative des génériques dans l’ensemble des prescriptions comme du taux de substitution dans le répertoire, ralentissement historique des dépenses de produits de santé, signature de la convention pharmaceutique… L’occasion de rendre hommage à la profession tout entière et à l’action ordinale. Ces courtoisies passées, Xavier Bertrand a esquissé les chantiers à venir pour conforter ces bons résultats, à l’heure du dernier vote du PLFSS de sa législature. Interpellé par Jean Parrot sur les principaux dossiers chers à la profession, le ministre a su, comme à son habitude, rassurer son auditoire et redorer le blason d’une profession en mal de reconnaissance, « en un temps où les mesures des dépenses les soumettent à rude épreuve », selon les termes du président de l’Ordre national des pharmaciens. Par touches, il s’est efforcé de répondre à ses propositions. Sur la question de la traçabilité des médicaments, d’abord, sur fond de développement de la contrefaçon, y compris en Europe, le ministre, « bien conscient que l’ensemble de la chaîne du médicament pourrait en être affectée », s’est voulu rassurant. « Nous travaillons sur le sujet avec les officinaux et les industriels pour prendre des mesures efficaces et régler le sujet le plus rapidement possible. »

Dernier rendez-vous

A propos de l’automédication, ensuite, cette « médication officinale » chère à Jean Parrot qui préconise de « maintenir leur remboursement à un taux modéré, sous la réserve d’une prescription pharmaceutique formalisée ». Suggestion entendue par le ministre – qui préfère néanmoins le terme de « médication familiale » : « Je veux donner toute sa place à ce mode de prise en charge des troubles les plus courants, dans une démarche de responsabilisation des patients. » Interpellé sur les risques d’une forte augmentation du prix de vente des spécialités déremboursées ou de transfert d’ordonnance vers des produits plus coûteux, il s’est montré concerné bien qu’évasif. « Sur ce sujet, je voulais aussi vous dire que je m’engage à travailler avec l’ensemble des professionnels concernés à une modération des prix de santé pour lesquels celui-ci n’est pas fixé. » Autre sujet de préoccupation des pharmaciens : le dossier pharmaceutique (DP) sur lequel Xavier Bertrand a clôt son intervention. « Comment se priver de l’apport des pharmaciens qui a vocation à éviter les doublons et la iatrogénie médicamenteuse ? Vous avez su préparer la mise en oeuvre du DMP, ce formidable outil informatique au service des patients avec votre projet de DP qui mettra en réseau tous les dossiers patients des officines. Il contiendra toutes les délivrances des quatre derniers mois, que le médicament soit remboursé ou non (…) A terme, ce dossier sera intégré au DMP. Je vais d’ailleurs déposer au Sénat un amendement du gouvernement au PLFSS afin de donner un véritable support juridique au DP. » Actions passées, chantiers à venir : au final, un discours bien rodé mais peu d’annonces concrètes pour son dernier grand rendez-vous avec la profession.

Fanny Rey
Photo Miguel Medina
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