n°1185
décembre 2006
Actualité
Nutrition
Les compléments enfin licites
Les pharmaciens viennent d’obtenir le droit de vendre des compléments alimentaires. Un nouveau marché en perspective ?
Les compléments enfin licites «Les Français ont par tradition une alimentation très variée qui laisse peu de place aux carences », déclare Serge Hercberg, qui a occupé la chaire du grand nutritionniste Trémollières au Conservatoire des Arts et Métiers. Sauf déficience personnelle, bien sûr. Ce qui n’empêche que, selon les circonstances (saison, étapes physiologiques, etc.), des besoins existent. Si l’offre courante mélange toutes les complémentations, un choix judicieux et bien ciblé peut s’imposer. C’est là que les connaissances du pharmacien sont précieuses.
Quelle réglementation ?
Encore faut-il que le pharmacien soit bien informé des possibilités ouvertes par une réglementation qui s’assouplit. Par leur présentation, bien que définis comme denrées alimentaires, les compléments se rapprochent du médicament : ils peuvent être à visée physiologique et surtout doivent se présenter en doses (gélules, ampoules, gouttes, etc.). Pour l’instant, seules sont officielles les doses des vitamines et minéraux, mais la Direction de la répression des fraudes (DGCCRF) prépare une liste de plantes autorisées en sus de celles en vente libre ou nettement alimentaires. « Depuis la publication du décret du 20 mars 2006, nous croulons sous les déclarations de mise sur le marché de compléments alimentaires. Nous devons vérifier leur composition, leur étiquetage et leurs textes publicitaires, déclare-t-on à la DGCCRF. Nous veillons particulièrement au respect des doses autorisées par l’arrêté du 9 mai 2006, sauf dans les cas où le producteur prouve que l’emploi est autorisé dans un pays de l’UE. Nous interdisons toute allégation thérapeutique et les termes les évoquant, comme celui de cure par exemple. Les services départementaux de la répression des fraudes sont informés de nos réactions et vérifient les produits mis dans le commerce. » Les étiquetages à partir de septembre 2007 devront être conformes au décret, le terme de complément alimentaire et les doses maximales devront être clairement lisibles d’où un changement d’étiquetage. Il y aura peu de problèmes sur la valeur des doses, celles de 2006 (maximales journalières) étant supérieures à celles de 1993 (apports journaliers recommandés).
Jouer la carte du médicament
Qui mieux qu’un pharmacien peut s’y retrouver dans ce maquis de termes et de doses ? Une récente enquête allemande montre l’attachement du public à l’avis d’un professionnel. Le pharmacien doit donc s’impliquer dans le conseil. Dans un certain nombre de cas, il pourra orienter le consommateur vers des médicaments répondant à un besoin spécifique : vitamine unique ou oligoélément, que l’on reviendra chercher chez celui qui a su le conseiller, avec la garantie de la qualité pharmaceutique.
Louisette Josserand
Miguel Medina
TABLEAUX DES DOSES AUTORISÉES
VITAMINES
NUTRIMENT // DCI // DJM (2006) // AJR (1993)
Vitamine A rétinol // 800 mcg // id
Vitamine B1 thiamine // 4,2 mg // 1,4 mg
Vitamine B2 riboflavine // 4,8 mg // 1,8 mg
Vitamine B5 ac. pantothénique // 18 mg // 6 mg
Vitamine B6 pyridoxine // 2 mg // id
Vitamine B8 biotine // 450 mcg // 150 mcg
Vitamine B9 ac. folique // 200 mcg // id
Vitamine B12 cyanocobalamine // 3 mcg // 1 mcg
Vitamine C ac. ascorbique // 180 // 60
Vitamine D calciférol // 5 mcg // id
Vitamine E alpha tocophérol // 30 mcg // 1 mcg
MINERAUX sans changement
(sauf pour le phosphore 800 mg)
NUTRIMENT DJM (2006)
Calcium 800 mg
Fer 14 mg
Iode 150 mcg
Magnésium 300 mg
Phoshore 450 mg
Zinc 15 mg
SUBSTANCES ajoutées en 2006
Vitamine K, 25 mcg ; chrome, 25 mcg ; cuivre, 2 000 mcg ; manganèse, 3,5 mg ; molybdène, 150 mcg ; potassium, 80 mg ; sélénium, 50 mcg ; chlore et sodium, apportés par les anions ou les cations. L’arrêté du 2 octobre 2006 (JO du 13) autorise la vente en pharmacie des compléments alimentaires, des équipements de protection respiratoire et interdit la vente de cigarettes à base de plantes.