n°1195 décembre 2007
Retour|Imprimer| envoyer à un ami
Actualité Informatique Bienvenue dans le datamatrix
Ça va bouger dans la codification des médicaments. Le calendrier prévu mènera les officines jusqu’en 2011.
Les « space invaders » qui apparaîtront sur certains packagings à partir du 1er janvier 2008 sont là pour votre bien. Ces petits carrés noirs et blancs, regroupés en un motif de sept millimètres de côté (voir image ci-contre), forment un datamatrix. Une sorte de code-barres, mais en mieux. « C’est le plus petit marquage qui comprend le plus grand nombre d’informations, en particulier les numéros de lot et la date de péremption », confirme Agnès Vabois, directrice Projets et codifications au Club inter pharmaceutique. Un datamatrix peut en effet contenir jusqu’à 2 300 caractères et restera lisible même si 20 % de sa surface est effacée. Les avantages sont nombreux : les données de traçabilité étant dématérialisées au lieu d’être bêtement imprimées, elles seront immédiatement intégrées à l’informatique officinale. «Ça va faciliter la gestion du stock, en termes de quantité et de péremption. Les fabricants devraient imprimer le datamatrix du même côté que la vignette. Ainsi les informations sur les remboursements et celles contenues dans le datamatrix seront disponibles d’un seul geste », se félicite Agnès Vabois. A l’heure du dossier pharmaceutique, la qualité des soins sera également améliorée. Le hic : il faudra acheter un lecteur spécifique. Mais rassurez-vous, les datamatrix ne deviendront obligatoires qu’à partir du 1er janvier 2011.

La fin des périmés ?

Rappelons que le Code de la santé publique, actuellement en révision, obligera bientôt les officines à conserver les numéros de lot et les dates de péremption pour chaque transaction de médicament : le datamatrix prouvera alors toute son utilité. Cette évolution dans la traçabilité des médicaments en suit une autre : celle du passage de 7 à 13 chiffres des codes CIP pour cause de saturation, un peu comme pour les indicatifs téléphoniques. La conversion a commencé depuis le premier trimestre 2007 et cela se poursuivra jusqu’au 1er janvier 2009 où tous les médicaments en seront directement dotés. Le CIP à 7 chiffres ne sera alors plus qu’un souvenir. Et après le datamatrix, pourquoi pas la technologie RFID ? Certains laboratoires, comme Novartis et Pfizer travaillent à l’intégration de ces puces à radiofréquence sur les boîtes ou même directement sur les blisters. Là, même plus besoin de lecture : tout se ferait par la voie des ondes. Mais selon Michel Rousseau, vice-président Europe de l'International RFID business association, « le basculement des pharmacies en RFID soulève un problème avant tout financier. En effet, les pharmaciens sortent tout juste de leur phase d'équipement scanner code-barres. Autrement dit, cela risque de traîner un peu ». Le futur attendra !

Laurent Simon
Photo DR
Image