n°1205 décembre 2008
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Santé Bon usage AVK, attention renouvelée
Une nouvelle étude épingle la iatrogénie médicamenteuse évitable et plus particulièrement celle liée aux AVK... L’Afssaps réagit.
Dix ans après les résultats de sa première enquête transversale sur les hospitalisations liées aux médicaments, le réseau des Centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) révèle des conclusions quasi-inchangées avec l’étude Emir* menée en 2007. Les problèmes de iatrogénie médicamenteuse sont associés à une incidence de 3,6 % des hospitalisations (contre 3,2 % en 1998), soit une estimation de près de 144 000 hospitalisations par an ou de près de 1,5 million de journées d’hospitalisation, dont la moitié serait évitables. En outre, « les malades hospitalisés pour des effets indésirables de médicaments ont en moyenne dix ans de plus que ceux hospitalisés pour un autre motif », remarque Françoise Haramburu, coordinatrice de l’étude Emir et responsable du CRPV de Bordeaux.

Les AVK en tête

Et surtout, cette étude a pour intérêt essentiel de confirmer la place des antivitamines K (AVK) en tête des hospitalisations pour effet indésirable, avec 12,3 % des cas En dix ans, le nombre de boîtes et de doses administrées d'AVK a doublé (contre 13 % en 1998), suivis par les diurétiques et les anticancéreux. En raison du potentiel iatrogène connu des AVK, deux campagnes d’information avaient déjà été menées par l’Afssaps en 2001 et 2004. « Mais il ne faut pas conclure trop vite que ces actions de prévention sont restées vaines », avance Anne Castot, chef du service de l’évaluation et de la surveillance du risque et de l’information sur le médicament de l’Afssaps, « car, en dix ans, le nombre de boîtes et de doses administrées d’AVK a doublé et le nombre de patients traités est passé de 500 000 à 900 000, représentant environ 1 % de la population française ».

Renforcer le bon usage


Prenant acte des besoins en information et éducation thérapeutique suggérés par l’étude Emir, l’Afssaps relance une campagne sur le bon usage des AVK en impliquant l’ensemble des professionnels de santé concernés : les documents d’information ont été actualisés, de même que le carnet de suivi destiné aux patients. Son usage, recommandé dans l’AMM des spécialités concernées, doit se généraliser, alors que moins d’un patient sur deux l’utilise aujourd’hui. Habituellement remis au patient par le médecin prescripteur, ce carnet est désormais diffusé auprès des généralistes, des cardiologues et des pharmaciens d’officine. Avec pour objectif de mieux sensibiliser les patients, de renforcer le bon usage des AVK et donc de limiter les accidents hémorragiques potentiellement graves – et évitables – qui leur sont associés.

Nathalie Le Goff
Photo Miguel Medina

* Effets indésirables des Médicaments, Incidence et Risque  En dix ans, le nombre de boîtes et de doses administrées d’AVK a doublé

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