n°1215 décembre 2009
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Santé CONTRACEPTION Ça Pass mal !
La présidente du conseil régional de Poitou-Charentes a lancé, contre vents et marées, son « Pass contraception ». Derrière la polémique politique, comment la profession s’organise-t-elle?
Quand Ségolène Royal a une idée, elle passe rarement inaperçue. Témoin : le « Pass contraception » distribué mi-novembre à une centaine de lycées de Poitou-Charentes et aux CFA. 1 400 colis au total destinés aux jeunes filles pour leur faciliter l’accès à la contraception. Le « Pass » se présente comme un carnet de chèques restaurant contenant un ticket pour une consultation médicale gratuite, un deuxième pour faire des analyses médicales, un autre pour accéder à l’achat de contraceptifs et un dernier pour une visite de contrôle. Objectif : lutter contre les grossesses précoces. Aux côtés des infirmières scolaires chargées de distribuer les « Pass », les pharmaciens délivreraient les contraceptifs dans leurs officines. Simple en apparence, l’initiative soulève toutefois des problèmes sur le terrain.

Négo en cours

En effet, rien n’est encore joué. Le ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel s’y oppose, arguant que ce système ne doit pas « se substituer au Planning familial, seul autorisé à prescrire des contraceptifs à un enfant mineur ». Or, le Planning familial, justement, soutient l’opération. Autre refus : celui de la rectrice de l’Académie de Poitiers, qui a demandé aux chefs d’établissement de bloquer temporairement les « Pass », pour des raisons « juridiques, comptables et morales ». Réticence enfin du côté des associations de parents d’élèves pour lesquelles, en matière de contraception, l’Éducation nationale ne peut se substituer aux parents. Quid du côté des pharmaciens ? « L’opération a été étudiée, les négociations ont été menées et la région a écouté nos remarques et nos souhaits, mais rien n’a été signé, ni au niveau de la Fédération, ni de l’Uspo – les deux syndicats présents en Poitou-Charentes – ni du conseil de l’Ordre, rapporte Philippe Grilleau, président du syndicat des pharmaciens de Charente-Maritime. Il n’y a pas de réticences des pharmaciens à cette délivrance à partir du moment où l’Ordre donnera son accord, quand il sera assuré que tous les aspects légaux sont respectés. » Quant au remboursement des contraceptifs, sa prise en charge émane de la région mais rien n’est encore précisé concernant les modalités. Passera ? Passera pas ? Pour le moment, le « Pass » n’a pas ouvert toutes les portes.  

Claire Grevot
Photo : Miguel Medina
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Ségolène Royal prend à bras-le-corps le problème de la contraception… Non sans mal.