n°1215 décembre 2009
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Actualité EDITO Le générique à un tournant
Dix ans, bientôt onze, que les pharmaciens et le générique font histoire commune. La route a été longue, et nous étions bien seuls lorsque nous avons commencé à convaincre les patients, un à un, de l’intérêt du générique pour la collectivité. Si le marché est ce qu’il est aujourd’hui, et si l’Assurance maladie – tant le régime obligatoire que les régimes complémentaires – peut se féliciter d’engranger 1 milliard d’euros d’économies par an, c’est bien grâce à notre engagement collectif. Le pacte passé entre l’État et la profession, en contrepartie de cet engagement dans la substitution, contenait des dispositions économiques propres à nous encourager dans cette voie. L’équilibre de nos entreprises repose aujourd’hui pour beaucoup sur l’avenir de ce marché et sur la pérennité des incitations qui accompagnent son déploiement. Engagée annuellement dans un objectif de progression avec la Cnam-TS, notre profession souffre cependant des aléas du système : réticences des prescripteurs, étroitesse du répertoire, manoeuvres de contournement… La liste n’est pas close! Il est donc légitime que nous nous intéressions de près à l’évolution du marché*. Le générique est désormais un marché mature, mais qui recèle encore de grandes potentialités de développement. Il pesait 2 milliards d’euros en prix fabricant en 2008, il pèsera 3,5 milliards en 2014.
Ce qui est moins évident, ce sont les règles qui encadrent son développement. Pour le Comité économique des produits de santé, qui s’intéresse au prix des spécialités pharmaceutiques, les choses sont relativement simples : un générique qui n’a pas atteint 60 % de taux de pénétration au bout de dix-huit mois de commercialisation est placé sous tarif forfaitaire de responsabilité.
En ces temps où l’on parle de missions nouvelles pour la profession, l’exercice de notre droit de substitution peut être érigé en exemple. En revanche, la fixation et le suivi des contrats annuels de substitution signés avec l’Assurance maladie manquent de lisibilité aux yeux de nos confrères. En la matière, la profession est demandeuse de plus de clarté. Il en va de même s’agissant des règles de commercialisation des génériques, l’exemple du Clopidogrel étant, de ce point de vue, emblématique. Le pharmacien ne devrait pas avoir à payer les conséquences des interprétations divergentes du droit des marques ! Concernant, cette fois, les stratégies de contournement de certains laboratoires, nous attendons que l’État prenne ses responsabilités, et dispense avec moins de prodigalité des AMM à des médicaments qui ne les méritent pas. Enfin, s’agissant des médecins, nous appelons de nos voeux une prise de conscience de leur part, car il est primordial pour la confiance des patients que le message délivré soit le même tout au long de la chaîne de santé. Sans aucun doute, en ces temps où l’on parle – enfin ! – de missions nouvelles pour notre profession, l’exercice de notre droit de substitution peut être érigé en exemple. Il ne nous aura pas été facile de pousser ces médicaments inconnus du grand public, et donc impopulaires dans leurs débuts. Gageons que les nouvelles voies de notre exercice officinal – qui sont encore à inventer – seront vécues de part et d’autre, non comme une contrainte, mais comme une libération. Pour nous, qui pourrons enfin libérer nos compétences et nos talents, et pour la population, qui y verra un renforcement de l’offre de soins. Notre succès dans ces nouvelles missions, à l’instar de notre succès dans le développement du générique, n’en sera que plus grand.

Philippe Besset
Président de la commission Économie de la FSPF

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