n°1215 décembre 2009
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Santé PODOLOGIE Diabète : attention les pieds!

Le pied diabétique peut fréquemment entraîner des complications graves. Mais suivi de près à l’officine et par le patient lui-même, ce n’est pas une fatalité.
Diabète et pied ne font pas bon ménage. La preuve ? Associés, ils présentent un risque : celui de voir évoluer un traumatisme mineur en lésion beaucoup plus grave pouvant aller jusqu’à l’amputation. Il y en a près de dix mille en France chaque année ! Comment éviter que la situation dégénère ? En respectant une hygiène irréprochable et en adoptant de petits gestes de soins pour maintenir les pieds en bon état. Des messages essentiels à faire passer au comptoir, en insistant tout particulièrement auprès des personnes atteintes de diabète de type 2. Comme l’indique Alexandre Joly, préparateur et formé à l’École nationale d’orthopédie-orthèse de Poissy, « les diabétiques de type 1 sont généralement bien informés sur le problème et font très attention à leurs pieds, alors que les diabétiques de type 2 méconnaissent fréquemment les risques ». S’ils semblent sans gravité apparente, les callosités, les durillons, les cors et autre oeil-de-perdrix nécessitent une grande attention car ils fragilisent la peau et favorisent l’infection.

Anti-cors !

Quelles précautions prendre, en plus des règles d’hygiène élémentaires ? Réponse d’Alexandre Joly : « Des soins réguliers sont nécessaires, comme poncer ou gratter légèrement la zone d’hyperkératose pour en réduire l’épaisseur. Une petite protection de type Epitact peut être utile pour protéger et soulager les douleurs. » Le plus souvent, les problèmes d’hyperkératose sont le résultat d’une compression ou d’un frottement de la peau contre la chaussure. Il est dans ce cas indispensable de résoudre le conflit pied-chaussure pour ne pas entretenir le phénomène. « L’objectif est de décharger une zone soumise à des contraintes d’appui trop fortes. L’astuce pour éviter qu’un cor ou durillon se développe : on place un petit tapis en mousse à mémoire de forme depuis l’avant de la voûte plantaire jusqu’à la base de la première phalange et on pratique un trou dans l’épaisseur de mousse au niveau de la lésion qui se retrouve alors dans le vide et n’appuie plus », commente Alexandre Joly. Des soins de pédicurie effectués par un professionnel peuvent aider à l’entretien des pieds : la personne doit absolument prévenir qu’elle est diabétique ! En cas de rougeur, de plaie, d’aggravation de lésion, l’orientation vers un podologue ou le médecin traitant s’impose.

Claire Grevot
Photo : Miguel Medina
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Près de dix mille amputations par an sont à déplorer du fait de lésions au pied sur des patients diabétiques.

Les 6 bons conseils
1 Laver quotidiennement les pieds au savon doux et à l’eau tiède et en les séchant minutieusement.
2 Couper les ongles au carré (avec des ciseaux à bouts ronds) et limer les coins (pour éviter les ongles incarnés), en examinant minutieusement ses pieds, dessus, dessous et entre les orteils
3 Les chaussures du commerce suffisent le plus souvent, mais il est recommandé de les choisir confortables. Elles ne doivent pas serrer le pied, être souples et légères, avec le moins possible de coutures internes et de saillies.
4 S’il n’y a pas de cause évidente liée à la chaussure, une semelle orthopédique peut être nécessaire pour corriger les points d’hyperpression qui favorisent la callosité.
5 Pour les sportifs : choisir une chaussure de sport adaptée de marque, avec une structure solide pour maintenir parfaitement le pied (à éviter : les chaussures très bas de gamme, mal adaptées ou très plates).
6 Chaussure orthopédique : elle peut être nécessaire pour certains types de lésions (ulcère, mal perforant plantaire, etc.) et en cas de déformation du pied ou de pathologies associées (arthrose, lombalgie, tendinite, etc.). On la destine surtout aux diabétiques les plus âgés.  Près de dix mille amputations par an sont à déplorer du fait de lésions au pied sur des patients diabétiques.