n°1215
décembre 2009
Actualité
Tribune
Optipharm: «Trop, c’est trop ! »
Michel Quatresous et Alain Grollaud, respectivement président et directeur du groupement Optipharm, signent un réquisitoire sans appel contre les « comportements inacceptables » de certains confrères. Extraits.
Michel Quatresous et Alain Grollaud, respectivement président et directeur du groupement Optipharm, signent un réquisitoire sans appel contre les « comportements inacceptables » de certains confrères. Extraits.
La volonté affirmée de placer le pharmacien au coeur de son véritable métier est aujourd’hui bafouée par quelques pharmaciens activistes qui, non contents de n’avoir pas obtenu le droit de créer des chaînes de pharmacies en France, font fi de la déontologie et de l’éthique en toute impunité. Trop c’est trop, Optipharm dénonce aujourd’hui trois comportements inacceptables qui nuisent à l’image et à la pérennité de la pharmacie.
Les pharmacies discounters qui se positionnent sur des prix cassés accréditent l’idée de commerçant et d’épicier qui nous est trop souvent reprochée. Ce faisant, elles détruisent à terme le maillage pharmaceutique auquel la population est attachée et font le lit de la GMS contre laquelle le combat est perdu d’avance. La vérité est que le pharmacien de proximité pratique une politique du juste prix qui ne s’engage pas dans une concurrence interne à la profession au seul profit d’une enseigne ou d’une parapharmacie. Pour répondre à ce dévoiement de la pratique officinale, il faut imposer l’idée que ce n’est pas plus cher en officine et que, de surcroît, la médication officinale est accompagnée d’un conseil compétent.
À propos des SRA [structures de regroupement à l’achat, NDLR], Optipharm s’insurge contre le comportement inacceptable de certains laboratoires qui favorisent les discounters et les groupes informels de trois ou quatre pharmacies au détriment des groupements structurés. Comment accepter que ces laboratoires refusent de livrer un groupement « Des comportements qui nuisent à l’image et à la pérennité de la pharmacie. » (reconnu par les textes sur la SRA depuis le 21 juin 2009), ce qui interdit à ses adhérents d’être compétitifs, surtout avec l’arrivée de la LME sur les modes de paiement. Après avoir gagné notre procès contre McNeil dans l’été, faut-il maintenant saisir la ministre de la Santé ? Enfin, Optipharm dénonce l’incapacité de l’Ordre à faire respecter le code de santé publique en matière de communication. Certaines enseignes se comportent comme des franchiseurs qui usent des médias en toute impunité. Et ce ne sont pas les procès intentés par l’Ordre, dont les verdicts ne seront rendus qu’après une longue échéance, qui vont stopper ces agissements. L’Ordre doit d’urgence faire suspendre ces communications illicites, il en a les moyens. Ou alors qu’il accorde le droit à toutes les officines et à tous les groupements à une communication encadrée pour l’ensemble de la profession. La pharmacie française doit être régie par des règles communes à tous. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, c’est l’anarchie au profit de quelques-uns et au détriment de la majorité des officines qui ont encore le souci de bien servir la population.