Les derniers mois de l’année 2005 ont été marqués par une crise sans précédent, aussi bien par sa soudaineté que sa virulence, entre notre profession et les pouvoirs publics. Face à la lourde menace que représentait l’instauration d’un TFR d’application automatique à 24 mois, la Fédération a mis toute son énergie dans la recherche de solutions alternatives, de manière à préserver le formidable potentiel d’un marché qui a permis à l’Assurance maladie, grâce aux pharmaciens, d’obtenir 1,5 milliards d’économies. Il a fallu la mobilisation massive de nos confrères, majoritairement unis derrière les mots d’ordre lancés par la FSPF, pour obtenir la réouverture des négociations avec le ministère de la Santé. Le résultat, vous le connaissez : abandon des TFR à 24 mois et des TFR sur les molécules fortement substituées, en contrepartie, notamment, de baisses de prix des princeps et des génériques. Ces baisses de prix, tous les acteurs du marché devront malheureusement les supporter, pharmaciens compris. Pour importantes qu’elles soient, elles ne doivent pas nous faire oublier l’essentiel : notre action a permis d’obtenir le retrait d’une mesure comptable de court terme, qui aurait tôt fait d’asphyxier le marché du générique. Par notre mobilisation, nous avons obtenu que le pharmacien reste dans la course, et puisse, dans une logique de maîtrise intelligente, continuer à jouer son rôle, pour le plus grand bénéfice de la collectivité. C’est aussi parce que nous avons su opposer des mots d’ordres vigoureux aux pouvoirs publics, et leur montrer notre capacité de réaction, que les autres acteurs du marché – et notamment les laboratoires de génériques – peuvent aujourd’hui envisager un avenir à leurs activités. J’entends qu’à présent, rassemblés autour des mêmes objectifs, nos partenaires s’attachent à soutenir les pharmaciens d’officine, car la substitution doit impérativement monter en puissance.
Les temps qui viennent sont en effet décisifs. Le volume d’économies supplémentaires attendu sur le générique est inscrit dans la loi, et un nouvel effort est demandé aux pharmaciens pour parvenir, ensemble, à un taux de pénétration des génériques de 70 % à la fin de l’année. Pour atteindre cet objectif ambitieux, qui sera décliné individuellement, à due proportion des efforts que chacun d’entre nous a déjà fournis en termes de substitution, nous serons aidés par une communication ciblée de l’Assurance maladie vers les patients, et par un accord avec cette dernière et les syndicats de médecins, qui sera prochainement signé. L’atteinte de cet objectif est primordiale. C’est pourquoi la FSPF a également souhaité adresser, à chaque pharmacien, deux affiches destinées à sensibiliser les patients. Elles témoignent de l’engagement résolu de notre profession dans le générique et les économies de santé, pour la sauvegarde de notre système de soins. Je suis heureux que Le Pharmacien de France, qui s’emploie largement, depuis des années, à informer nos confrères sur cet enjeu majeur, se soit associé à notre campagne. Surtout, j’engage chacun d’entre vous à afficher son engagement dans le générique.
Pierre Leportier
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France
