n°1187 fevrier 2007
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Santé Antibiotiques Encore trop automatiques !
Malgré une diminution significative, la consommation d’antibiotiques est toujours élevée.
Les actions engagées par l’Assurance maladie en collaboration avec les professionnels de santé ont déjà permis de réduire de 13 % la consommation d’antibiotiques entre 2002 et 2005. Pour aller plus loin, l’Assurance maladie a engagé une étude sur les profils de consommation français et européen. Les données issues du réseau ESAC (European surveillance of antimicrobial consumption), mis en place par la Commission européenne et couvrant 34pays d’Europe, révèlent que, en 2005, la consommation d’antibiotiques en France est restée deux à trois fois supérieure à celle observée en Allemagne, au Royaume-Uni ou au Pays-Bas. La France est ainsi l’un des pays les plus consommateurs d’antibiotiques de l’Union européenne. Cette étude indique également, tous pays confondus, une augmentation du recours aux antibiotiques en période hivernale. Là encore, la France fait figure de mauvais élève avec une élévation moyenne de 33%, similaire à la moyenne européenne, mais très supérieure à celle des pays du nord de l’Europe où elle ne dépasse pas 20 %. Pourtant, la période hivernale est caractérisée par des épidémies respiratoires aiguës de type bronchites ou rhinopharyngites, dont la plupart sont d’origine virale… le traitement antibiotique est alors inutile et, pire, accroît le risque de résistance ultérieure aux antibiotiques. Les efforts de communication sur ce thème ne sont pas restés vains puisque le recours aux antibiotiques après un diagnostic de grippe est passé de 50 % en 1995 à 20 % en 2002. Ce sont ces efforts que l’Assurance maladie entend poursuivre cette année en association avec les professionnels et en sensibilisant encore plus le grand public.

Préserver l’efficacité

En France, certaines familles d’antibiotiques sont particulièrement prisées, comme les pénicillines associées aux inhibiteurs de bêtalactamase, les macrolides ou encore les céphalosporines de dernière génération. La consommation de ces dernières est quatre fois plus importante en France qu’en Allemagne, dix fois plus importante qu’au Royaume-Uni, au Luxembourg ou au Pays-Bas. La France se distingue d’ailleurs nettement des autres pays européens, avec une consommation prépondérante de ces céphalosporines sur la saison 2005-2006… pourtant les experts s’accordent pour inciter à limiter l’utilisation des molécules les plus récentes afin de préserver leur efficacité. L’Assurance maladie conclut que la surconsommation française d’antibiotiques n’est pas enrayée. Trois axes essentiels de communication sont renforcés cette année : des campagnes d’information à destination du grand public, la mise à disposition des médecins du test de diagnostic rapide de l’angine et la poursuite d’actions ciblées dans l’entourage des jeunes enfants. Objectif : approcher l’objectif fixé : une baisse de 25 % à l’horizon 2008.

Nathalie Le Goff
Photo Miguel Medina

* pour plus d’informations : www.ameli.fr, document Points de repère n°6
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