n°1187 fevrier 2007
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Actualité Biothérapie Un bébé pour sauver son aîné
Donner un frère ou une soeur à un enfant malade dans le but de le guérir, c’est désormais possible. Explications.
Plus de deux ans après sa promulgation, la loi de bioéthique du 6 août 2004 commence à se concrétiser. L'une de ses dispositions les plus importantes et les plus controversées, la pratique dite du « bébé-médicament », va entrer en vigueur, le décret correspondant ayant été publié au Journal officiel le 23 décembre. Placée sous la tutelle de l’Agence de la biomédecine, cette technique s’adresse aux familles concernées par les maladies héréditaires « d’une particulière gravité, reconnues comme incurables au moment du diagnostic », précise le décret. La procédure de double diagnostic préimplantatoire (DPI) sur des cellules d’embryons conçus in vitro pourra être effectuée « de façon expérimentale en vue de la conception d’un enfant indemne de la maladie génétique recherchée et susceptible de soigner de façon "décisive" son aîné malade grâce aux cellules souches prélevées à partir du sang de cordon ombilical », a précisé l’Agence de la biomédecine, chargée de délivrer les autorisations au cas par cas. L’intervention médicale consiste en une fécondation in vitro (Fiv), un diagnostic préimplantatoire et une insémination artificielle. Le diagnostic préimplantatoire permettait déjà, en cas de probabilité de maladie génétique grave, que seuls les embryons « sains » soient transférés dans l’utérus de la mère après une Fiv. Il sera désormais possible d’effectuer un second test pour choisir, parmi ces embryons, celui ou ceux qui seraient des « donneurs » compatibles. A la naissance du deuxième enfant, des cellules issues du cordon ombilical ou, ultérieurement, de moelle osseuse, pourront servir de base pour le traitement de son aîné.

Cas exceptionnels

En France, seuls trois centres étaient autorisés à pratiquer le DPI. L’entrée en vigueur du nouveau décret va permettre à l’Agence de la biomédecine d’agréer les praticiens responsables de l’activité de diagnostic prénatal après avis de son conseil d’orientation, si la situation du couple concerné le justifie (caractère incurable de la maladie entraînant le décès dès les premières années de la vie, possibilité d’amélioration décisive de l’état de santé de l’enfant malade, consentement écrit et réitéré par les deux membres du couple). À l’Agence de la biomédecine ensuite d’autoriser de nouveaux centres pluridisciplinaires, d’évaluer et de contrôler ces activités. Une telle pratique est d'ores et déjà autorisée en Grande- Bretagne, en Belgique, en Espagne ainsi qu'aux États-Unis. Elle est, en revanche, prohibée dans de nombreux pays européens, parmi lesquels l'Italie et l'Allemagne. En France, elle ne sera autorisée que dans des cas exceptionnels, lorsqu’aucun donneur compatible n’aura pu être trouvé.

Fanny Rey
Photo DR

Image
Prélèvement d’une cellule embryonnaire
sur un embryon à neuf cellules,
en vue d’une analyse génétique.