n°1187
fevrier 2007
Actualité
Edito
Faites-vous entendre !
A la veille d’élections cruciales pour la France, la rédaction du Pharmacien de France a voulu mettre un coup de projecteur sur la « contagion libérale » qui touche un nombre croissant de systèmes de santé en Europe. Monopoles bafoués, pharmacies enchaînées, les tendances qui se font jour chez nos proches voisins font froid dans le dos, et mettent à mal l’idée que nous nous faisons de l’officine. Notre modèle résistera-t-il aux assauts répétés de la normalisation communautaire ? Alors que des chantres de l’ultralibéralisme répandent, par intérêt ou clientélisme, la vision d’une inéluctable ouverture du capital de nos officines et nous promettent dans un avenir proche l’éclatement de notre monopole, il est temps de faire entendre notre voix sur un ton vigoureux. Alors que certains cherchent à séduire des consommateurs, rappelons que nous autres, pharmaciens, avons le soin de nos patients. Rappelons aussi que le réseau officinal n’a jamais démérité et que, à ce jour, rien ne prouve que la délivrance de médicaments en dehors de ce circuit soit un gage d’efficience à meilleur coût. Nous nous devons de rappeler aux candidats à l’élection présidentielle, et après eux aux candidats aux élections législatives, que nous sommes légitimes à revendiquer une délivrance de qualité effectuée par les 145 000 collaborateurs qui tissent quotidiennement un lien social fort avec la population française. Le modèle français a fait ses preuves et, à ce titre, nous devons rester fermes. Les systèmes anglo-saxons, qui laissent la possibilité de constituer des chaînes de pharmacies et permettent leur concentration avec des grossistes, peuvent séduire. Mais n’oublions pas que, d’une certaine façon, le rejet par référendum de la Constitution européenne en 2005 a été, entre autres, la manifestation d’une volonté de préserver des valeurs traditionnelles face à une Europe marquée par la contagion libérale.
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L’élection présidentielle, encore elle, nous a dicté le programme de ces prochains mois : vous informer le mieux possible sur ce qu’il adviendra de la santé, et plus précisément de l’officine, à l’issue du second tour. Vous le lirez dans nos colonnes, les programmes Santé des candidats brillent, pour l’instant, par leur silence. Qu’à cela ne tienne ! En attendant de collecter auprès des intéressés des réponses précises aux questions qui se posent, nous avons décidé de solliciter VOTRE opinion. Que diriez-vous au futur président de la République ? Quel message voulez-vous faire passer aux candidats de droite et de gauche qui, tous, prétendent nous convaincre de voter pour eux ? Ecrivez-leur, en deux mots ou en cent lignes, ce que vous avez sur le coeur : vos inquiétudes, vos indignations, vos espoirs, vos questions, vos idées... et adressez-les nous par courrier, fax ou e-mail* ! Nous nous en ferons l’écho dans le prochain numéro du Pharmacien de France, et nous les transmettrons aux candidats à la magistrature suprême. N’attendez pas le premier tour pour faire entendre votre voix !
Philippe Berthelot
Directeur de la rédaction
Membre du Bureau National de la FSPF
Photo Miguel Medina