n°1187
fevrier 2007
Actualité
Présidentielle
La santé, oubliée de la campagne
Les programmes Santé des candidats à l’élection présidentielle se livrent au compte-gouttes. Il en faudra plus pour convaincre les pharmaciens.
Cette campagne présidentielle cuvée 2007 épouse un bien étrange tempo : pressés de présenter leur programme, certains candidats éludent, quand d’autres se contentent de vertueuses professions de foi ; d’autres, enfin, font carrément l’impasse sur l’une des préoccupations majeures des Français : leur santé. En attendant que les présidentiables veuillent bien dévoiler le détail de leurs propositions, Le Pharmacien de France a « scanné » les programmes et déclarations de sept d’entre eux, afin de dégager quelques tendances. Une sorte d’amuse-gueule, en attendant de dévoiler, dans nos prochains numéros, les réponses aux questions précises que nous avons soumises aux principaux compétiteurs à l’élection présidentielle.
Nicolas Sarkozy (UMP)
■ Doublement des moyens consacrés à la recherche médicale d’ici 2012.
■ Triplement du budget de la prévention d’ici 2012.
■ Création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale permettant d’assurer une prise en charge des personnes en perte d’autonomie.
■ Meilleure sécurisation des officines.
■ Financement intégral des prestations d’Assurance maladie par l’impôt et non par les cotisations sociales.
■ Mise en place pour tous les assurés sociaux d’une franchise sur la consommation de soins, forfaitaire, familiale, modulable et trimestrielle.
■ Pour lutter contre les abus et les fraudes, proposition d’une « carte de crédit santé sécurisée » qui remplacerait la carte Vitale.
■ Renforcement des incitations à l’installation dans les zones sous-médicalisées.
Ségolène Royal (PS)
■ Garantir l’accès aux soins dans les zones rurales.
■ Politique de meilleure répartition des professionnels de santé (notamment répartition géographique des étudiants en médecine à la fin de leurs études).
■ Création de nouvelles structures de santé dans les quartiers pour offrir une médecine au long cours, gratuite, notamment pour la médecine des enfants.
■ Priorité à l’hôpital, ce qui implique de dégager davantage de moyens financiers. Plan de relance de la chirurgie publique.
■ Développement de la prévention dès l’école sur les soins dentaires, des yeux, la nutrition et la lutte contre l’obésité.
■ Relever le défi de l’allongement de la durée de la vie. Développer des structures d’accueil pour les personnes atteintes d’Alzheimer.
■ Faire de la recherche une priorité nationale. Statut fiscal incitatif pour les secteurs de la recherche et de l’innovation. Développement en Europe d’une logique de réseaux pour les équipes de recherche. * Programme définitif suspendu aux conclusions des débats participatifs, mi février...
François Bayrou (UDF)
■ Réforme de la politique du médicament.
■ Arrêt des mesures d’économies ponctuelles, comme les déremboursements. Seule la maîtrise médicalisée sera privilégiée.
■ Régionalisation de la santé, à travers des conseils et des agences régionales de santé. Elles seraient chapeautées par un conseil national, chargé d’élaborer les lois de financement en concertation avec le gouvernement.
■ Implication plus importante des professionnels de santé dans l’élaboration des réformes de l’Assurance maladie.
■ Instauration d’une couverture universelle avec un remboursement à 100 %, par extension de la CMU. Elle serait complètement financée par la CSG.
■ Gestion commune des risques par les organismes obligatoires et complémentaires pour une meilleure concertation de l’usage des soins.
■ Définition d’un numerus clausus régional et gestion de la liberté d’installation des médecins dans les zones sous-médicalisées, éventuellement par déconventionnement.
* Présentation officielle en février.
Marie-George Buffet (PCF)
■ Annulation de la réforme Douste- Blazy « qui instaure une médecine à deux vitesses et ouvre sur une privatisation de la Sécu ».
■ Priorité aux politiques de prévention avec une attention particulière au milieu scolaire et aux lieux de travail.
■ Première étape pour aller vers le remboursement à 100 % par la Sécurité sociale en commençant par les enfants et les personnes dépendantes.
■ Augmenter la formation des personnels médicaux et paramédicaux nécessaires : 9 300 médecins et 40 000 infirmières par an.
■ Réorganisation de l’ensemble du système de soins, notamment en développant les réseaux villeshôpitaux et en donnant des droits nouveaux aux salariés, aux usagers et aux élus.
■ Démocratisation de l’Assurance maladie, en confiant sa gestion aux assurés sociaux, en lui donnant des moyens financiers par l’augmentation de la cotisation patronale, en la faisant bénéficier d’une cotisation additionnelle sur les revenus financiers des entreprises.
Jean-Marie Le Pen (FN)
■ Fusion du régime général et des autres régimes ou caisses particulières, ainsi que séparation de la gestion des cinq risques de la Sécurité sociale.
■ Le maintien de l’Assurance maladie restera obligatoire mais le « petit risque » ne sera plus couvert.
■ Diversification du financement de la branche maladie : maintien du système de cotisation et instauration d’une TVA sociale.
■ Redonner sa liberté au système conventionnel de santé dès que possible.
■ Suppression de tous les numerus clausus (médecine, pharmacie...)
■ Soutien à la médecine de ville et aide au développement de l’hospitalisation à domicile.
■ Réforme de la fiscalité sur le médicament.
■ La préférence nationale postulera que l’aide sociale ne soit accordée prioritairement qu’aux Français de souche ou naturalisés.
■ Arrêt des politiques systématiques et forcées de soutien aux médicaments génériques en France. Présentation officielle en février.
Dominique Voynet (Les Verts)
■ Généralisation de la prescription en DCI, du remboursement sur la base des génériques et de l’information indépendante des professionnels de santé.
■ Baisse de la consommation de médicaments en France jusqu’au niveau de la moyenne européenne.
■ Fondation d’un régime obligatoire et universel basé sur le principe de solidarité.
■ Abrogation des droits aux dépassements d’honoraires, de l’euro forfaitaire par consultation, de la remise en cause de l’Aide médicale d’Etat, de la franchise de 18 € sur les actes médicaux lourds.
■ Régionalisation des pouvoirs en matière de santé par des conseils régionaux de santé et création de maisons de santé de proximité, coordonnées avec les hôpitaux par l’intermédiaire des réseaux de soins.
■ Instauration d’un système de quotas minimaux et maximaux pour l’installation des médecins et l’accès aux spécialités.
Olivier Besancenot (LCR)
■ Remboursement intégral de tous les médicaments mis sur le marché.
■ Nationalisation de l’industrie pharmaceutique et de la recherche avec la mise sous contrôle public.
■ Abrogation des réformes libérales, du plan Hôpital 2007, de la tarification à l’activité, suppression du forfait hospitalier, des montants non remboursables sur le marché.
■ Véritable service public des hôpitaux, cliniques privées nationalisées, suppression des lits privés dans les hôpitaux.
■ Fin de l’organisation libérale de la médecine de ville et du paiement à l’acte.
La rédaction
Photo Miguel Medina