n°1187 fevrier 2007
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Actualité Recyclage Cyclamed, la fin d’une époque
Députés et sénateurs ont voté en première lecture un amendement gouvernemental mettant un terme à la revalorisation des médicaments non utilisés à des fins humanitaires.

Inefficaces, inutilisables ou périmés, potentiellement dangereux, sans garantie de traçabilité… les médicaments non utilisés (MNU) s’avèrent bien souvent inadaptés aux besoins des situations de crise ou des pays en voie de développement. Si l’on ajoute à cela que leur expédition peut perturber la politique pharmaceutique locale, qu’elle engendre des risques de trafics et qu’elle alimente la contrefaçon, il devenait urgent d’agir. Pour la collecte de médicaments, rien ne devrait changerEn janvier 2005, déjà, le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) démontrait l’inanité du système et les effets pervers des dons de MNU. Deux ans après, le sort de l’association est quasiment scellé. Il faut dire que le sujet faisait une certaine unanimité. L’Ordre des pharmaciens, l’Académie de pharmacie, l’OMS et les ONG : tous estimaient que le recyclage des MNU était caduc. Depuis 2004, l’Ordre des pharmaciens africains lui-même exhorte la France à cesser ces dons. De quoi convaincre le gouvernement de mettre fin au volet humanitaire de Cyclamed, et Xavier Bertrand de rédiger un amendement au projet de loi « portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine du médicament ». « Certes, il fallait réorganiser le système pour éviter les dérives, mais on aurait pu imaginer de délivrer des agréments à deux ou trois associations reconnues pour leur sérieux, avec un cahier des charges extrêmement strict », nuance Pierre Leportier, président de la FSPF. Le 11 janvier, les députés ont voté l’arrêt de la réutilisation à des fins humanitaires des MNU d’ici dix-huit mois. Le temps de permettre aux organisations concernées d’affiner l’estimation de leurs besoins et de trouver de nouvelles sources d’approvisionnement.

Améliorer la qualité des dons

D’ici là, le dispositif actuel est maintenu, les médicaments collectés « pouvant être mis gratuitement à la disposition des populations démunies par des organismes à but non lucratif, sous la responsabilité d’un pharmacien », précise l’amendement. Reste à définir quel système se substituera à Cyclamed. Chaque année, Cyclamed permettait de redistribuer environ 400 tonnes de MNU parmi lesquels les associations choisissaient les médicaments qui pouvaient leur être utilePour le ministère, « il est préférable de passer du système de récupération des médicaments à un système de don des laboratoires aux populations démunies ». Pour le Leem, le travail va donc consister à « définir en commun des listes de produits et les quantités nécessaires », afin que Tulipe, sa cellule humanitaire, puisse prendre la relève de Cyclamed. Pour la collecte de médicaments, rien ne devrait changer, les pharmacies étant toujours chargées de centraliser les MNU à détruire. Ce qui – faut-il le préciser ? – ne règle en rien les possibles fraudes de pharmaciens, via le « recyclage direct ». La position de la Fédération, qui souhaite continuer à associer les pharmacies à usage intérieur (PUI) au ramassage et préciser que la destruction n’est pas à la charge du pharmacien, a été relayée à l’Assemblée. Sur proposition de Gérard Cherpion (UMP), les députés ont ajouté que les PUI sont également tenues à cette collecte et que le décret précise les conditions de destruction des MNU ainsi que son financement. Si le projet de loi est adopté, Cyclamed continuera d’assurer leur collecte via le réseau officinal afin de veiller à leur destruction dans des conditions sécurisées. Le renouvellement de cette mission sera ensuite suspendu à un décret en Conseil d’État, qui devra préciser les conditions de la collecte des médicaments inutilisés et, de façon transitoire, les conditions de la distribution aux populations démunies.

Fanny Rey
Photo Miguel Medina
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