n°1197
fevrier 2008
Actualité
Délivrance
Vers le dépannage des malades chroniques
Le renouvellement d’ordonnance à titre exceptionnel se précise : Roselyne Bachelot a signé un décret à paraître dans les prochains jours.
La mesure figurait déjà dans la Loi de financement de la Sécurité sociale 2007. Désormais, c’est acté : les pharmaciens vont enfin être autorisés à délivrer des médicaments à des malades chroniques une fois la validité de l’ordonnance expirée. Cette annonce du ministère de la Santé, le 21 janvier, sera entérinée par la publication imminente du décret au Journal officiel – au plus tard fin février prochain, a indiqué le ministère. Dans l’intervalle, ce renouvellement de nécessité n’est toujours pas effectif, contrairement à ce qu’indiquait la Cnam dans sa Lettre aux pharmaciens de janvier 2008. Afin de rectifier l’erreur, un message a depuis été envoyé aux caisses primaires.
Informer le prescripteur
« Consentie à titre exceptionnel », la mesure vise à éviter aux malades chroniques une interruption de traitement préjudiciable pour leur santé. Mais que les choses soient claires : ne seront concernés que les médicaments nécessaires à la poursuite d’un traitement chronique, l’ordonnance présentée par le patient devant concerner un traitement d’au moins trois mois. Autres précisions : le pharmacien devra délivrer le traitement dans le conditionnement comportant le plus petit nombre d’unités de prise, inscrire sur l’ordonnance la mention « délivrance par procédure exceptionnelle d’une boîte supplémentaire » et en informer le médecin prescripteur. Par ailleurs, la même ordonnance ne pourra donner lieu à d’autres dispensations.
Fanny Rey
Miguel Medina
Sofia au service des diabétiques
Les malades chroniques font décidément l’actualité. Le 22 janvier, la Cnam a présenté « Sophia », son dispositif d’accompagnement des patients diabétiques, qui sera testé et évalué dès le mois de mars prochain, et ce jusqu’en juin 2010. Le choix du diabète s’explique par sa forte croissance, le nombre de diabétiques – 2,5 millions – ayant doublé en France en dix ans. « Il y a aussi un enjeu médicoéconomique pour l’Assurance maladie puisqu’en 1994, le diabète représentait 3,7 milliards d’euros, et près de 11 milliards en 2006 », a expliqué Frédéric Van Roekeghem, directeur général de la Cnam. Un chiffre qui pourrait atteindre 20 milliards d’euros d’ici 2015. L’objectif est donc d’améliorer leur qualité de vie et de renforcer la prévention des complications via un accompagnement en relayant l’action des médecins traitants en proposant aux patients divers services : accompagnement téléphonique assuré par des infirmières spécialisées dès septembre, services en ligne et magazine trimestriel spécialisé. Déployé dans dix départements pilotes (Alpes-Maritimes, Ariège, Haute-Garonne, Gers, Loiret, Puy-de-Dôme, Hautes-Pyrénées, Sarthe, Seine-Saint-Denis et Tarn), ce dispositif sera ouvert aux 136 000 patients diabétiques majeurs y résidant, sur la base du volontariat, ainsi qu’à leurs 6 000 médecins traitants. Son coût ? Environ 10 millions d’euros par an, soit près de 10 euros par patient et par mois. S’il donne satisfaction, la Cnam envisage de l’étendre à d’autres pathologies chroniques. Et enfin d’impliquer les pharmaciens ?