n°1197
fevrier 2008
Actualité
Démographie
Plus de potards à venir
Au moment où se tiennent les Etats généraux de l’organisation des soins, le ministère décide d’une augmentation des numerus clausus.
C’est entendu, la démographie des professionnels de santé est un véritable problème en France. Non tant que le pays en manque – l’Hexagone n’a jamais compté autant de médecins qu’actuellement – mais ils sont mal répartis. Dans son discours au Sénat le 18 septembre dernier, Nicolas Sarkozy avait appelé à une grande réflexion sur le sujet : chose promise, chose due, ces Etats généraux de l’organisation des soins (Egos) se sont terminés début février. Mais sans en attendre les conclusions, le ministère de la Santé a décidé d’augmenter les numerus clausus pour les médecins, les chirurgiens-dentistes et les pharmaciens. Et pas qu’un peu : les médecins verront leurs effectifs en première année passer de 7 100 à 8 000 en quatre ans, les chirurgiens-dentistes de 1 000 à 1 300 et les pharmaciens de 3 000 à 3 300 d’ici 2010-2012. Les hausses seront évidemment réparties en fonction des besoins locaux en professionnels de santé. Question d’offre et de demande sur le marché du travail. Si les potards voient les choses plutôt d’un bon oeil – l’officine manque toujours de personnel –, les carrabins traînent un peu des pieds. Pourquoi ? Cette mesure risque selon eux « d’aggraver la dégradations des conditions de la formation » des futurs médecins. Amphis surchargés, terrains de stage manquants... Pas besoin selon eux de cette augmentation « non concertée ». Et ce, d’autant que ni les résultats des Egos concernant les conditions d’installation des médecins, ni ceux du rapport de Jean-François Bach sur la réforme de la première année de médecine ne sont encore connus. Pour une fois, on dirait que les autorités ont mis la charrue avant les boeufs.
Laurent Simon
Photo Miguel Medina