n°1207
fevrier 2009
Santé
Cardiologie
Les supplémentations n’apportent rien !
Les adeptes des vitamines doivent déchanter : pour prévenir les maladies cardiovasculaires, rien de tel qu’une bonne hygiène de vie.
Le congrès de l’American Heart Association (AHA), qui s’est tenu à la Nouvelle-Orléans en novembre dernier, a été marqué par les résultats de plusieurs études de prévention cardiovasculaire. Grosse déception pour les partisans de la supplémentation vitaminique : l’apport de vitamines E et C ne protège pas contre les maladies cardiovasculaires, comme l’a montré l’étude PHS II (menée sur plus de 14 000 médecins américains âgés de plus de 50 ans), qui a évalué l’effet d’une supplémentation de 400 UI de vitamine E un jour sur deux et/ou de 500 mg de vitamine C par jour, en double aveugle contre placebo, pendant huit ans. Nul besoin donc de compléments alimentaires et retour à une alimentation variée et équilibrée, riche en fruits et légumes ! La vitamine B12 associée à l’acide folique ne fait guère mieux en post-infarctus. Les résultats de l’étude Search se sont en effet montrés négatifs. Après un suivi moyen de 6,7 ans chez plus de 12 000 patients ayant déjà souffert d’un accident cardiaque, la prise d’acide folique (2 mg/j) ou de vitamine B 12 (1 mg/j) en plus du traitement par statine, n’a montré aucune influence sur la survenue d’événements cardiovasculaires majeurs. En revanche, l’étude HF-ACTION a confirmé le bénéfice de l’activité physique sur la qualité de vie, la capacité physique, voire la survie des insuffisants cardiaques. Les experts s’accordent donc à recommander la réadaptation physique : ce n’est pas dangereux et tout patient devrait en profiter. Le bénéfice est toutefois meilleur chez les patients les plus sévères, présentant une altération de la fonction ventriculaire gauche.
La rosuvastatine efficace en prévention primaire
L’étude Jupiter a montré qu’une forte dose de rosuvastatine (20 mg/j) permettait de réduire la morbi-mortalité cardiovasculaire de sujets non coronariens, normocholestérolémiques mais à protéine C réactive (CRP) élevée. Les 17 802 patients inclus répondaient aux critères suivants : Les vitamines C, E, B12 et l’acide folique n’ont montré aucun effetâge supérieur à 50 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes, absence d’antécédent cardiovasculaire et de diabète, LDL cholestérol bas (< 1,3 g/l) et taux de protéine C réactive > 2 mg/l. Le critère principal « premier accident cardiovasculaire majeur » a été réduit de 44 % sur une durée médiane de deux ans. Les patients sous rosuvastatine (Crestor) ont également bénéficié d’une réduction de 20 % de la mortalité toutes causes confondues. Ainsi, l’étude Jupiter tend à confirmer que les stratégies agressives avec de hautes doses de statine peuvent être efficaces à une phase précoce. Plus on s’attaque tôt au développement de la maladie athéromateuse et meilleure sera l’efficacité de l’intervention. Pour autant, tous les patients de plus de 55 ans dont le LDL-cholerstérol est normal, mais la CRP élevée, doiventils être mis sous statine ? De nombreuses questions restent en suspens : la tolérance à long terme, le coût…
Christine Fallet
Photo Miguel Medina