n°1207
fevrier 2009
Actualité
Dom
Nouvel avis de tempête
Les autorités n’en ont pas fini avec les Dom. Après une première baisse de prix des médicaments, les pharmaciens ultramarins pourraient en subir une deuxième sous peu.
Ah les fameuses « rentes de situation » ! Cette fois, ce sont les pharmaciens domiens qui y ont eu droit dans le rapport de la Cour des comptes de septembre dernier. Malgré une première baisse de prix des médicaments de 3 % dans les Dom (Guyane exclue) – qui avait provoqué des manifestations et des grèves des gardes très suivies (voir La lettre du Pharmacien du 18/01/08) – les magistrats n’ont pas dévié d’un iota. Et les pouvoirs publics risquent bien d’en mettre une deuxième couche. Courant décembre, les inspecteurs de l’Igas(1), chargée du suivi de la mesure, ont auditionné les représentants syndicaux pour trancher : y aura-t-il une deuxième baisse de 2 % ? « Un peu tôt pour le dire, commente Henri Petit, président du syndicat de la Martinique, d’autant que toutes les conséquences de la première baisse ne se sont pas encore fait sentir en termes de licenciements. A part sur les CFA(2) : en Martinique, il n’y a eu aucune embauche de préparateurs cette année. » Le syndicaliste redoute que les effets de la mesure soient décuplés par les mouvements de grève générale qui ont paralysé la Guadeloupe durant le mois de janvier.
Démotivés ?
L’heure est-elle toujours à la contestation dans les Dom ? Pas sûr : les conflits passés ont laissé des traces dans les esprits… et dans les portefeuilles. « Les confrères se regroupent, augmentent leurs heures d’ouverture, y compris le dimanche, favorisent les commandes directes, bref, rognent sur le moindre centime. « On ne se laissera pas faire, il faudra se remotiver car nous n’avons rien à perdre »Au final, ces gens font le jeu du gouvernement, déplore Frède Sautron, présidente du Syndicat de La Réunion, mais on ne se laissera pas faire, il faudra se remotiver car nous n’avons rien à perdre. » Partagée avec les grossistes, cette baisse de 3 % retentit sur le service rendu. Les pharmaciens réunionnais doivent composer avec une tournée en moins par jour, une diminution des remises sur leurs achats, une facturation à la quinzaine au lieu des trente jours habituels, des standardistes injoignables… Bref, c’est ceinture pour tout le monde. Frède Sautron cite l’exemple d’une pharmacie qui a carrément perdu 75 % de son bénéfice net par mois, passant de 20 000 à 5 000 euros. Rapporté à l’ensemble du réseau, cela pèserait lourd ! Une deuxième baisse de 2 % dans ce contexte serait très malvenue. Est-elle inéductable ? L’Igas et le ministère devraient rendre leur décision courant février.
Laurent Simon
Photo DR
(1) Inspection générale des affaires sanitaires et sociales
(2) Centres de formation des apprentis 