n°1207 fevrier 2009
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Actualité Edito Un nouveau pharmacien
Le débat parlementaire qui s’engagera dans quelques jours est susceptible de modifier en profondeur l’organisation de notre système de santé et la définition même de nos missions. Qu’on ne s’y trompe pas : le projet de loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires porte en germe de grands espoirs de changement, et il appartiendra au législateur de se forger une opinion claire sur les enjeux qu’il contient. Puisse le texte final permettre à tous les acteurs du système de santé de développer de nouvelles coopérations et de pouvoir, au sein de structures dédiées, se rencontrer et apprendre à travailler plus ensemble. Pour nous, qui venons d’ailleurs d’être auditionnés à l’Assemblée nationale, il importe que le débat parlementaire fasse émerger de ce projet un schéma précis de l’organisation des soins, et qu’il impulse les changements dont notre pays a éminemment besoin.

Certains esprits chagrins ne savent que dénoncer l’impéritie des acteurs du système, leur incapacité à réformer un modèle révolu, condamné à une lente agonie, atteint d’une incurable maladie dont la désertification médicale serait l’un des stigmates. A l’opposé, nous voulons croire qu’il est encore possible de regagner l’excellence,
Regagner l’excellence, assurer l’égalité des soins, nouer de nouvelles coopérations d’assurer l’égalité des soins sur l’ensemble du territoire, et de nouer de nouvelles coopérations entre professionnels de santé, pour le plus grand bénéfice des patients. C’est pourquoi je me félicite que l’unité de la profession ait prévalu sur ce dossier, afin de défendre auprès de la représentation nationale un certain nombre d’amendements tendant à préciser le rôle que tiendra le pharmacien dans cette nouvelle organisation. Il s’agirait tout d’abord de rendre possible la désignation par le patient chronique d’un pharmacien d’officine qui serait chargé de son suivi particulier et de son accompagnement, selon une procédure strictement définie par les autorités de santé, et en collaboration étroite avec le médecin traitant.

Dans un tel cadre, pourquoi ne pas imaginer que le pharmacien, en contact fréquent avec le patient, puisse préconiser une adaptation de son traitement ? Je n’oublie pas ce que nous a dit la ministre de la Santé lors de notre congrès national, en octobre dernier à Deauville : « Les compétences et les atouts des pharmaciens sont actuellement sous-exploités… ils doivent faire évoluer leur métier en offrant de nouveaux services ». C’est bien cela dont il est ici question. Autre piste de réforme dont la FSPF souhaite saisir les parlementaires : la permanence des soins, et la possibilité qui serait donnée au pharmacien de délivrer un médicament pris en charge sans présentation d’une ordonnance écrite, mais sur appel téléphonique d’un médecin régulateur des services d’urgence. Une démarche totalement sécurisée pour le pharmacien, dans la mesure où ces conversations téléphoniques sont enregistrées, et qui répondrait à une problématique bien identifiée. Là encore, en soutenant unitairement une telle approche de l’évolution de notre métier, nous ferions ensemble la démonstration qu’un nouvelle voie est possible. Notre ministre de la Santé, qui aura initié et porté jusqu’ici cette importante réforme, nous l’a clairement dit : « Ce projet pourrait être l’occasion, lors du débat parlementaire, de valoriser l’idée de premier recours au pharmacien, ainsi que le partage des compétences ». Nous y sommes prêts !

Philippe Gaertner
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

Photo Miguel Medina
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