n°1186 janvier 2007
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Actualité Formation « Nous ne devons pas être à la traîne »
L’année 2007 sera marquée par l’entrée en vigueur de l’obligation de formation et de la formation conventionnelle. Reconduit à la tête de l’Utip, Philippe Gaertner revient sur les acquis et les chantiers de la formation continue.

Le Pharmacien de France : Vous venez d’être réélu à la tête de l’Utip : quelles sont vos priorités pour ce second mandat ?

Philippe Gaertner : Il s’agira d’abord de développer les partenariats avec l’industrie pharmaceutique. A l’image de la formation médicale continue, l’idée serait d’élaborer une charte définissant les modalités d’intervention de cette dernière dans la formation continue validante.
Notre deuxième axe, plus opérationnel, consiste à déployer la « carte Utip » [Utilitaire de Traitement Informatique des Présences, ndlr] dans le cadre de notre partenariat avec Celtipharm. Lorsque les pharmaciens présents aux soirées formation sont nombreux et que certains ne s’inscrivent pas à l’avance, les inscriptions manuelles rendent difficile la gestion des présences. C’est pourquoi en Gironde et en Ile-de-France, à titre expérimental, au dernier trimestre 2006, les pharmaciens qui ont assisté à ces soirées se sont vus remettre une carte avec photo et code barres, ce qui permet de les enregistrer. En 2007, ce système sera étendu à l’ensemble du territoire, ce qui permettra de se conformer au décret relatif à l’obligation de formation continue, qui précise que l’organisme de formation doit être capable d’éditer pendant cinq ans une attestation de présence et de faire remonter cette information au Conseil national de la formation pharmaceutique continue. " Nous prenons le risque d’être décalés par rapport aux autres professionnels de santé "Notre troisième chantier concerne la démarche qualité. Avec plus de 3 000 personnes déjà formées au Praq (pharmacien responsable assurance qualité), cela reste l’une de nos priorités. A la demande des pharmaciens, nous allons mettre en place un module « qualité pour l’équipe officinale », le frein ressenti par les Praq dans la mise en œuvre de la démarche qualité à l’officine étant la difficulté à y faire adhérer les membres de l’officine. Cette formation, qui se fera sur une journée, ne fera pas l’objet d’un renvoi de procédure, contrairement aux autres formations. Par ailleurs, nous poursuivons nos programmes de formation sur les molécules issues de la réserve hospitalière en développant un nouveau module de formation de deux jours, largement orienté sur la prise en charge des patients cancéreux, en coordination avec l’Inca [Institut national du cancer, ndlr], dans le sillage du Plan cancer. Son champ sera volontairement limité pour traiter l’ensemble des aspects. Comme pour le premier programme, nous nous appuierons sur les pharmaciens hospitaliers qui ont déjà largement contribué à la formation des officinaux et que je tiens à remercier pour leur implication.

Il y a aussi le chantier de la formation en ligne. Où en êtes-vous ?


Elle ne sera pas oubliée ! Après un premier module consacré à la cardiologie, un deuxième module sera proposé début 2007 sur le site de l’Utip. il s’agira cette fois de l’endocrinologie. D’ici la fin de l’année prochaine, il y en aura au moins trois. L’objectif, c’est que le jour où l’obligation de formation sera effective, le catalogue de modules proposés en ligne soit suffisant, sachant que la formation à distance figure parmi les moyens permettant aux médecins de remplir leur obligation de formation.

En tant que structure, l’Utip va-t-elle connaître des changements ?

L’augmentation de notre activité va de pair avec notre développement en interne. Cela impliquera d’asseoir notre structure avec davantage de permanents. Côté communication, notre site Internet connaîtra des modifications, la dernière grande nouveauté étant la possibilité de télécharger les diaporamas après les soirées de formation grâce à un code, pour les pharmaciens y ayant participé. Une newsletter trimestrielle sera également lancée en janvier. Par ailleurs, rendez-vous en mai 2007 à Paris pour une journée nationale de formation autour d’une thématique unique.

Vous venez d’intégrer le bureau national de la FSPF : concrètement, quel impact cela va-t-il avoir ?


Depuis leur modification, en mai dernier, les statuts de l’Utip permettent à toute structure syndicale de pouvoir intégrer notre association. Par conséquent, le cumul des deux mandats ne pose pas de problème. Jusqu’à présent, je n’étais qu’un simple invité au sein du Bureau national de la Fédération. Cette élection découle de la volonté de Pierre Leportier, qui souhaitait me doter d’un « vrai » mandat afin que ce soit un élu qui « porte » le dossier de la formation, qui est actuellement en chantier, avec l’obligation de formation qui se concrétise et la formation conventionnelle qui se profile.

Justement, pourquoi, après l’avancée de juin, l’obligation de formation se trouve-telle a nouveau bloquée ?


Pour les médecins et les dentistes, la question est réglée. " Le Dif est un nouveau dispositif, il faut le temps aux employés de se l’approprier "Le dispositif de la formation médicale continue étant entré en vigueur le 12 décembre. Les pharmaciens, « partis » en même temps en juin, ont pris du retard à cause d’une demande de modification du décret du 3 juin afin de permettre l’installation et le fonctionnement effectif des différents conseils spécialisés prévus à cet égard. Reste à finaliser la composition du Conseil national de la formation pharmaceutique, ce qui pose problème actuellement. [Le Conseil de l’Ordre souhaite des représentants supplémentaires au sein de ce Conseil ainsi que certains autres aménagements, ce qui nécessiterait un décret modificatif devant passer en Conseil d’Etat, ndlr]. Il faut démarrer quand même, quitte à procéder ensuite à des adaptations, sinon nous prenons le risque d’être décalés par rapport aux autres professionnels de santé. Nous ne devons pas être à la traîne.

Où en sont les négociations concernant la formation conventionnelle ?

La formation conventionnelle vient en complément des autres dispositifs de formation continue. Son entrée en vigueur demande encore un peu de travail. Les négociations de finalisation de l’avenant sont en cours : reste à définir les thématiques concernées et à cibler l’organisme gestionnaire chargé de gérer les fonds. Les choses avancent, et on peut espérer que ce dispositif entrera en application au deuxième semestre 2007.

Le Droit individuel à la formation* n’a pas rencontré le succès escompté, seul un millier de collaborateurs officinaux l’ayant utilisé cette année. Pensez-vous que son extension à tous les salariés de l’officine va accélérer les choses ?


Depuis le 29 octobre, l’extension de l’accord de branche le rend effectivement applicable à tous les salariés de l’officine. Le Dif est un nouveau dispositif, il faut le temps aux salariés de se l’approprier. C’est un élément important dans notre branche : le fait de le cumuler à l’obligation de formation devrait permettre aux salariés de l’officine d’évoluer plus rapidement. Le besoin de formation traditionnel se doublera bientôt d’une obligation de formation, et la pharmacie d’officine devrait être une branche plus demandeuse de Dif que d’autres.

Propos recueillis par Fanny Rey
Photo Miguel Medina

* voir p.34 : « Le Dif, mode d’emploi »
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