n°1186 janvier 2007
Retour|Imprimer| envoyer à un ami
Santé HBD Objectif zéro caries
Etude, loi et campagne de prévention : la dentition des enfants fait l’objet de toutes les attentions des autorités sanitaires.
C’est entendu, la santé buccodentaire en France est bien meilleure actuellement qu’il y a vingt ans. Pour autant, tous les besoins ne sont pas couverts, en particulier chez l’enfant, comme le prouve une étude conjointe du ministère de la Santé et de l’UFSBD (Union française pour la santé bucco-dentaire) : à 6 ans, « même si les besoins en soins de caries ont été divisés par deux en 20 ans, 3,2 dents [en moyenne par enfant, ndlr] ont besoin d’être traitées ». Six à douze ans sont des années charnières quand la dentition est mixte, entre dents de laits et dents définitives. C’est pourquoi la Cnam-TS lance une grande campagne de prévention, comprenant force spots télévisés et relances par courriers et par téléphone pour tous les enfants entre 6 et 18 ans et, de façon plus pratique, l’établissement d’EBD (examen bucco-dentaire de prévention) tous les trois ans avec le chirurgien-dentiste de leur choix. Ces cinq EBD seront menés sans avance de frais et remboursés à 100 % par l’Assurance maladie. C’est le Sénat qui en avait décidé ainsi lors du vote du PLFSS 2006. Plus important, les soins dans les neuf mois consécutifs à un EBD seront également pris en charge intégralement, mais le tiers payant ne sera pour le coup pas obligatoire. Le nom de ce programme ? M’T dents (sic).

Émail diamant

Outre les indispensables conseils d’hygiène et l’utilisation de dentifrices fluorés (idéalement 1 000 à 1 500 ppm) pour les premières dents définitives dès que l’enfant peut cracher, le pharmacien pourra mettre en garde ses petits patients contre quelques dangers inhérents aux médicaments. Tous les antibiotiques de la classe des cyclines (Doxycycline, Granudoxy, entre autres) en particulier, qui peuvent provoquer une fragilisation et une coloration de l’émail : ils sont contre indiqués chez l’enfant de moins de huit ans. Souvent perçu comme des soins « de luxe », mal remboursés par la Sécu et les mutuelles avec des praticiens maniant souvent le dépassement d’honoraires, l’hygiène et les soins bucco-dentaires sont également un reflet de notre société : « 20 % des enfants accumulent 70 % des problèmes carieux », affirme le ministère, et ce sont souvent ceux en « difficulté sanitaire et sociale ». Comme le rappelait une étude de Médecins du monde datée de 2003, 35,3 % des dentistes refusaient de recevoir les bénéficiaires de la CMU. En matière de santé publique, il n’y a pas de hasard.

Laurent Simon
Photo Miguel Medina

Pour plus de renseignements : www.mtdents.info
Image