n°1186 janvier 2007
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Santé Hépatite C Les alliés du traitement
Le succès du traitement contre l’hépatite C passe par la nécessité absolue de l’observance et la prise en charge optimale des effets indésirables.
En France, l’infection chronique par le virus de l’hépatite C (VHC) touche entre 400 000 et 500 000 personnes. Il s’agit d’une affection silencieuse qui peut évoluer lentement – entre 25 et 30 ans – vers la cirrhose, avec, dans ce cas de figure, un risque non négligeable de carcinome hépatocellulaire. Grâce au traitement associant l’interféron alpha pégylé et la ribavirine, il est aujourd’hui possible de guérir plus d’un malade sur deux. Toutefois, comme tout traitement prolongé, cette bithérapie, qui génère de multiples et fréquents effets indésirables, pose de sérieux problèmes d’observance.

Objectif : observance 100 %


Comme l’indique le professeur Dominique Larrey, hépatologue à l’Hôpital Saint-Eloi de Montpellier, « les effets indésirables entraînent un arrêt d’au moins 10 % des traitements par bithérapie et une baisse de leurs posologies optimales d’au moins 30 % ». L’observance est pourtant déterminante dans le traitement antihépatite C, dont la durée est de 24 à 48 semaines. Elle doit être de 100 % – en termes de dose, de prise et de durée – tout particulièrement dans les trois premiers mois, une période cruciale où le pronostic dépend grandement de la chute de la charge virale. D’où l’impérative nécessité de gérer au mieux les effets indésirables, mais aussi et d’abord d’informer préalablement les patients de leur possible survenue.
Parmi ces effets indésirables, on peut citer notamment la douleur, souvent diffuse, nuisant fortement à la qualité de vie. Celle-ci augmentant franchement dès les premiers jours, il est indispensable de la traiter d’emblée en utilisant des moyens classiques (paracétamol, codéine, etc.). Le traitement peut par ailleurs engendrer des effets indésirables « mineurs » en termes de risque vital mais avec un fort impact négatif sur la vie quotidienne.

Indésirables

C’est le cas de la perte des cheveux, des manifestations cutanéo-muqueuses (prurit, sécheresse cutanée et vaginale). « Le pharmacien a ici un rôle important : en donnant des conseils appropriés, en orientant vers des produits hors prescription adaptés, il contribue à une gestion optimale des effets négatifs et donc à améliorer le confort de vie des patients sous traitement », insiste Dominique Larrey. La sécheresse cutanée peut ainsi être prévenue et traitée par des crèmes ou des lotions hydratantes, le prurit par des antihistaminiques, les problèmes de cheveux par des soins capillaires, etc. « Expliquer les effets indésirables, aider à mieux les prendre en charge, encourager à la poursuite du traitement, informer sur les modalités de prises... le pharmacien a une place de choix au sein du dispositif d’éducation thérapeutique des patients atteints d’hépatite C », résume Dominique Larrey. En accompagnant les patients et en favorisant l’observance, le pharmacien apporte en effet sa contribution pour augmenter les chances de guérison.

Claire Grevot
Photo : Miguel Medina
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Objectif : zéro virus
- L’infection du foie par le VHC déclenche une réaction inflammatoire qui ne réussit à éliminer le virus que chez un patient sur cinq. Chez les autres, elle se poursuit plus ou moins intensément et provoque une fibrose hépatique. L’évolution de la fibrose conditionne le pronostic et la prise en charge du patient.
- Le but premier du traitement est d’obtenir l’éradication du virus, soit une charge virale nulle (celleci désigne la quantité d’ARN viral détectable dans le sang). On estime que l’éradication est atteinte lorsque la charge virale est nulle six mois après l’arrêt du traitement. Elle est obtenue chez 50 à 60 % des patients.