n°1186 janvier 2007
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Santé Neurologie Migraine menstruelle : un vrai casse-tête !
La migraine menstruelle, ou cataméniale, survient au moment des règles, au moins deux cycles sur trois. Peut-on la prévenir ou la traiter à part entière ?
Fracas d’orage dans la tête... la migraine s’abat, plus ou moins fréquemment, sur 3 à 4 millions de nos contemporaines. Les clouant, rompues de douleur, dans le noir pendant de nombreuses heures. Les femmes sont deux à trois fois plus touchées que les hommes. L’écart entre les sexes se creuse dès le début de la puberté, se poursuit jusqu’à la mi-quarantaine, puis diminue après la ménopause. Chez plus de la moitié des femmes migraineuses, les accès sont rythmés par le cycle menstruel. De 5 à 7 % d’entre elles souffrent de migraines cataméniales pures, réputées plus sévères et plus résistantes aux traitements. Cette constatation pose la question de l’influence des œstrogènes dans la prévalence plus élevée de la migraine chez les femmes.

Variations hormonales

A l’heure actuelle, si le mécanisme exact de déclenchement de ces crises reste inconnu, il est admis que la chute de la concentration sanguine en estrogènes au moment des règles serait responsable de l’apparition de ces crises. Les docteurs Geneviève Plubureau, gynécologue à l’Hôtel-Dieu à Paris et Hélène Massiou, neurologue à l’hôpital Lariboisière, à Paris également, réunies par le laboratoire AstraZeneca, précisent : « Les variations hormonales modifient l’excitabilité cérébrale et peuvent déclencher une crise. L’impact des hormones se situe à plusieurs niveaux : paroi des vaisseaux, nerf trijumeau, noyau cérébral, cortex... ». Voilà pourquoi le risque de migraine menstruelle diminue, pendant les périodes « sans » œstrogènes : grossesse et ménopause.
Face à ces crises revenant à des dates précises, certaines stratégies thérapeutiques à visée préventive sont tentées. Compenser la chute des œstrogènes par un traitement hormonal en gel ou timbre deux jours avant la date présumée des règles et sept jours après. L’intérêt de ces traitements reste controversé, aucune étude n’ayant permis de démontrer sans équivoque leur efficacité. Autre piste : certaines femmes souffrent de crises migraineuses lors de la semaine d’interruption d’une pilule combinée. D’où l’idée de prescrire une pilule œstro-progestative faiblement dosée pendant plusieurs mois. Pas la panacée non plus. Enfin, les effets préventifs d’un triptan à raison d’un demi-comprimé par jour, matin et soir, pendant cinq jours, au moment des règles a été également testé. Mais toujours sans résultats vraiment concluants.

Un traitement non spécifique

Autrement dit, il est impossible pour l’instant, de prévenir ce type de migraine. Une fois les premiers symptômes apparus, le traitement de la crise est identique à celui de n’importe quelle migraine.
Parmi les traitements recommandés par l’Anaes, les médicaments les plus efficaces sont, en première intention, les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) et notamment ceux de la famille des propioniques. En deuxième intention, les triptans, comme le montrent de nombreuses études, ont prouvé leur efficacité au moment de la crise. De nombreux thérapeutes prescrivent l’association d’un AINS et d’un triptan dès le déclenchement de la crise.
Bref, le traitement de la migraine menstruelle reste une gageure. Il doit être individualisé sur la base d’un agenda des crises. Un geste simple que l’on peut recommander à ses patientes, en les envoyant consulter leur médecin.

Jacqueline Machu
Photo Miguel Medina
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Les symptômes
■  Elle intervient toujours au début de cycle ;
■  Il s’agit le plus souvent de migraine sans aura ;
  elle peut être pure ou mixte quand elle coexiste avec des crises de migraine non liées aux règles