n°1196 janvier 2008
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Actualité Génériques Un objectif à pérenniser
Fin 2007, le taux de substitution devait atteindre 80 % à l’échelle nationale, en attendant les nouvelles modalités de l’ « accord génériques ». 
A trois semaines de l’échéance, représentants des syndicats de pharmaciens et de l’Assurance maladie, réunis à l’occasion de la dernière Commission paritaire annuelle, avaient de quoi se frotter les mains. « D’après les derniers résultats communiqués par l’Assurance maladie sur le niveau de substitution, l’objectif révisé par l’avenant à l’accord génériques de janvier est en passe d’être atteint, se réjouit Jean-Pierre Lamothe, premier vice-président de la Fédération. Pour la deuxième année consécutive, la profession a donc tenu ses engagements, y compris ceux pris en milieu d’année dans le cadre du plan de redressement de l’Assurance maladie, consécutif au déclenchement de la procédure d’alerte. » Fin juillet, un accord relevait en effet l’objectif du taux de pénétration des génériques de 75 à 80 % pour 2007. A présent, la profession reste dans l’expectative quant aux suites à donner à cette mobilisation. « Les discussions commencent juste, indique Jean-Pierre Lamothe. Atteindre collectivement un taux de substitution de 80 % nous paraît un objectif naturel à reconduire, un plafond qu’il serait néfaste de dépasser. Si aujourd’hui un effort doit être fait, il devrait plutôt se focaliser sur les départements dont le niveau de substitution est inférieur à l’objectif national. »

Juste compétition

La progression globale ne doit pas masquer d’importantes disparités : début décembre, une quinzaine de départements accusaient encore un gros écart par rapport à leur objectif (cf. carte cicontre). La progression globale ne doit pas masquer d’importantes disparités Parmi eux, trois départements franciliens (Paris, Seine-Saint-Denis et Val d’Oise), dans lesquels le dispositif « tiers payant contre générique » est pourtant appliqué. « Preuve que la substitution fonctionne avant tout dans les villes où le nomadisme et la pression concurrentielle sont modérés. » Et ce même si la capitale a connu un temps les effets fulgurants du dispositif. « A Paris, lorsque cette mesure est entrée en vigueur, les mentions ‘‘non substituables’’ ont fleuri sur les ordonnances. » Si le dispositif a globalement prouvé son efficacité*, la FSPF reste cependant opposée à sa généralisation. « Sa mise en place se justifie en cas de forte résistance à la substitution. Mais sa généralisation reviendrait à contrer les efforts du pharmacien en la matière. Cela risquerait de nous conduire à des niveaux de substitution très élevés et, in fine, à un TFR généralisé, conclut Jean-Pierre Lamothe. Il faut que tout le monde considère que 80 % représente le bon niveau, nécessaire à une juste compétition. »

Fanny Rey
Photo Miguel Medina

*Sur les 33 départements ayant atteint l’objectif, 32 ont appliqué le dispositif « tiers payant contre génériques ».


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LE FUTUR RESTE A INVENTER

Fin novembre, le Gemme a présenté sa plateforme de propositions, les génériqueurs ne « gagnant toujours pas d’argent », selon Pascal Brière, son président, et ce malgré les bons chiffres de la substitution. La première phase de la substitution achevée avec succès, reste à amplifier les économies qui en découlent. Pour ce faire, le Gemme appelle à élargir le répertoire, en créant un second répertoire pour les équivalents thérapeutiques, ces produits sous forme de patches, de sprays ou aérosols, de substances d’origine végétales ou de pommades n’ayant pas obtenu le statut de générique et ne pouvant faire l’objet d’une substitution. Le Gemme propose que la possibilité de substituer dans ce répertoire ne soit pas automatique, mais repose sur un avis complémentaire de la commission d’AMM. L’association suggère par ailleurs de créer un objectif annuel de prescription dans le répertoire, sur le modèle de l’objectif de substitution générique en vigueur pour les officinaux. Un indice de prescription dans le répertoire permettrait à la Cnam d’effectuer un suivi individualisé par médecin dans ce domaine. Objectif de ces mesures : doubler en volume la part des génériques dans le marché total français pour atteindre le tiers des unités vendues et majorer de moitié les économies réalisées en trois ans.