n°1196
janvier 2008
Actualité
Services
Pharmacien hors les murs
Il y a les services qui s’inscrivent naturellement dans les missions du pharmacien, et ceux qu’il serait opportun de développer afin de s’ancrer un peu plus comme acteur et partenaire de santé.
Les pharmaciens saisiront-ils l’opportunité de l’essor des services à la personne et de la structuration de ce secteur au niveau national ? «Il y aura confiance a fortiori si ces services sont liés à la sphère de légitimité du pharmacien, qui bénéficie d’atouts majeurs : un réseau de proximité et la dimension conseil », pronostique Bruno Arbouet, directeur général de l’Agence nationale des services à la personne, chargée de promouvoir le développement et la qualité de ce secteur. Dans le sillage de la loi Borloo*, le contexte est porteur, la loi de financement de la Sécurité sociale mettant l’accent sur la nécessité de développer le maintien à domicile. Par ailleurs, mi-octobre, l’une des 15 motions votées à l’issue du Congrès national des pharmaciens demandait « la mise au point d’un dispositif permettant aux pharmaciens d’intégrer les nouvelles dispositions relatives à l’essor des services à la personne ». Suite à l’appel du pied de la Fédération à l’occasion du 60e Congrès, l’Agence nationale des services à la personne a appelé les pharmaciens à lui soumettre ses propositions. Il pourra s’agir de structurer une offre à partir de nouvelles activités, ou d’activités existantes. «Pourquoi ne pas créer une petite filiale de portage ou une enseigne dédiée à la sortie de l’hôpital ? Cibler les aidants et leur proposer une offre d’accompagnement? Ou bien proposer une offre globale, comme un prêt de béquilles associé à une livraison de repas en cas de jambe cassée, par exemple », hasarde Bruno Arbouet.
Porte ouverte
« Nous intervenons déjà pour maintenir à domicile la personne âgée le plus longtemps possible, souligne Philippe Gaertner, président de la FSPF. L’atout des pharmaciens, c’est de connaître les personnes grâce à l’ordonnance. Reste à faire le lien entre le patient que l’on connaît, Le pharmacien pourrait être l’instigateur de nouveaux services et la personne qui, un jour, vient à sa place : c’est l’occasion de prendre contact pour voir s’il n’y aurait pas certaines aides techniques à mettre en place. C’est certainement beaucoup plus facile pour une pharmacie rurale... Côté intervenants, cela implique de trouver des acteurs de proximité – infirmiers, kinésithérapeutes, notamment –, le but recherché étant bien de favoriser le MAD. L’intérêt, c’est de retarder l’accident ou l’hospitalisation. » Le pharmacien pourrait également être l’instigateur de nouveaux services, comme le portage de médicaments à domicile, en s’appuyant le cas échéant sur une logistique externe. Et devenir ainsi la porte d’entrée de nouveaux services, non pas en tant qu’employeur, mais comme intermédiaire, dans une logique d’offre et de coordination. « Au lieu que le portage se fasse à la demande du patient, l’idée serait de lui proposer spontanément ce service, ajoute le président de la Fédération. Cela impliquera aussi de définir les modalités de la rémunération du service rendu. » Pour s’attaquer à cet édifice complexe, « la première étape consistera à constituer des groupes de travail pour passer de l’idée à l’expérimentation afin d’en évaluer la faisabilité, puis de la faire valider. Il s’agira aussi d’étudier les possibilités de financement et d’aide et d’imaginer des outils pour sa transposition. A nous de trouver comment entrer dans le dispositif. » Sans trop tarder, conseille Bruno Arbouet : « Aujourd’hui, les places sont moins chères qu’elles ne le seront demain ». Les Ehpad, les institutions de prévoyance et autres complémentaires de santé l’ont bien compris.
Fanny Rey
Photo Miguel Medina
* Loi relative au développement des services à la personne publiée au JO le 27 juillet 2005

Thierry Barthelmé, président de l'Utip