n°1206 janvier 2009
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Actualité Edito L’année de la transformation
La tradition des voeux revêt, cette année, une importance particulière pour moi. Nous avons vu ces douze derniers mois se poursuivre et s’amplifier un puissant mouvement de remise en cause des fondamentaux de l’exercice officinal. De l’extérieur comme de l’intérieur de notre profession, le consensus jusque là observé sur des points aussi fondamentaux que le monopole de compétence, la répartition démogéographique ou le capital a été ébranlé. Nous n’avons jamais prétendu que l’excellence de notre réseau le mettait à l’abri de toute évolution. Nous avons toujours cherché, au contraire, à accompagner et à anticiper les changements. C’est pourquoi nous combattons ceux qui, pour des motifs obscurs ou sur la base de raisonnements à courte vue, préfèrent la casse à la réforme. À lâcher la proie pour l’ombre, à sacrifier ses acquis pour des chimères, on risque le gouffre. C’est pourquoi, aussi, nous ne pouvons que nous réjouir de n’avoir pas cédé au fatalisme face à la Commission européenne. Rien n’est encore joué, certes, mais les conclusions de l’avocat général Yves Bot, rendues le 16 décembre, sont de très bon augure. Elles sont une bonne nouvelle pour tous ceux qui, en Europe, croient que la santé n’est pas un bien comme un autre, et qu’à ce titre elle doit être protégée des variables mercantiles d’acteurs étrangers à la profession. 2008, vous le savez, a également été marquée par de nouvelles difficultés économiques pour le réseau des officines. La profession souffre d’un empilement de mesures qui rendent chaque jour son exercice plus complexe et son équilibre plus incertain.
La Fédération se bat pour négocier avec les pouvoirs publics les conditions d’une rémunération qui tienne compte de la réalité du service pharmaceutique rendu, et qui permette au réseau de s’adapter aux enjeux sanitaires auxquels notre système de santé tout entier est confronté. Nous attendons de la future loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires qu’elle ouvre à la profession de véritables perspectives d’évolution en phase avec les besoins des Français. Nous sommes prêts pour notre part à nous engager dans cette voie et comptons bien faire entendre nos propositions. Derrière nous, au travers de nos syndicats départementaux, la grande majorité des pharmaciens entend défendre ce qui constitue « l’ADN » de notre profession, tout en s’adaptant aux nouveaux défis de l’époque. L’année nouvelle doit être celle de la transformation, et pas seulement pour nous-mêmes. Je formule le voeu qu’un peu de sagesse revienne dans l’esprit de certains décideurs institutionnels, experts et leaders d’opinion, à Paris comme à Bruxelles. La crise financière qui sévit dans le monde nous enseigne qu’à lâcher la proie pour l’ombre, à sacrifier ses acquis pour des chimères, on risque le gouffre. Je remercie tous ceux qui ont contribué cette année encore à défendre notre profession, au premier rang desquels les présidents des syndicats départementaux de la FSPF, et je souhaite à chacun d’entre vous une bonne et heureuse année 2009.

Philippe Gaertner
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

Photo Miguel Medina
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