n°1206
janvier 2009
Santé
Recherche
Ça bouge en cancéro
La recherche en cancérologie va bon train avec l’espoir de traitements plus efficaces et d’une meilleure qualité de vie des patients.
Plusieurs communications au cours des semaines passées soulignent le dynamisme des recherches en cancérologie et présentent des innovations techniques ou pharmacologiques qui pourraient, à plus ou moins court terme, améliorer la prise en charge des patients. Voici un aperçu des nouveautés les plus significatives.
Fibromes détruits par ultrasons
Présentée lors des derniers Entretiens de Bichat, l’expérience du pôle de gynécologieobstétrique du CHU Bretonneau (Tours) sur le traitement de fibromes utérins par ultrasons focalisés est prometteuse. L’efficacité du dispositif, couplé à une imagerie par résonance magnétique (IRM), repose sur une sélection stricte des patientes : pas de cicatrice cutanée, pas d’obstacle intestinal, taille et emplacement du fibrome. Les fibromes doivent aussi ne pas être hypervascularisés. Globalement, environ 10 % des patientes présentant des fibromes pourraient bénéficier de cette technique. La durée du traitement est d’environ trois heures. Les ultrasons détruisent en moyenne 60 % du fibrome. La non-invasivité de la technique s’accompagne de l’absence d’anesthésie et de recours à des antalgiques morphiniques. Les patientes peuvent sortir de l’hôpital sous 24 heures.
Laser contre tumeur cérébrale
Première mondiale à l'hôpital de la Pitié- Salpêtrière (Paris) par l’équipe dirigée par le Pr Alexandre Carpentier : des tumeurs cérébrales ont été détruites par émission laser, sans ouvrir le crâne. Les patients sont soumis à une anesthésie locale et une fibre optique munie d’un laser est introduite dans le crâne par un trou de 3 mm. L’émission laser, contrôlée en temps réel sous IRM, ne dure qu’une à deux minutes et provoque une nécrose de la tumeur. Pendant toute l’intervention, le patient reste conscient et il peut sortir de l’hôpital après quelques heures. Sur les quinze patients traités pour des métastases cérébrales résistantes aux traitements, six ont bénéficié d’un traitement total. Aucune complication n’a été notée et il n’y avait pas de récidive à neuf mois pour cinq d’entre eux, alors que leur espérance de vie initiale était estimée à trois mois. La technique fait maintenant l’objet d’un programme de recherche visant à en améliorer les performances, pour être plus largement diffusée à l’hôpital… mais pas avant cinq ans.
Cibler grâce à des nano-aimants…
Une entreprise allemande termine ses recherches sur des nano-aimants injectés dans l’organisme et se fixant spécifiquement sur les tumeurs cancéreuses. L’application d’un champ magnétique provoque une augmentation locale de la température, détruisant la tumeur sans toucher les cellules saines. La demande de mise sur le marché est anticipée pour 2010.
…ou grâce à un virus
Une équipe canadienne travaille à l’amélioration des techniques de virothérapie oncolytique en les couplant à l’administration de composés spécifiques qui augmentent la vulnérabilité des cellules tumorales. D’excellents résultats ont été obtenus in vitro avec un rhabdovirus inoffensif chez l’homme, débouchant sur une destruction ciblée des cellules tumorales. Des essais chez l'homme sont envisagés à court terme.
Nathalie Le Goff
Photo DR 
Dépistage en 3D
Comment améliorer la mammographie chez les femmes aux seins denses (30 à 50 % des femmes) et donc diminuer les faux négatifs ? La mammographie stéréo, développée aux Etats- Unis, permet de réduire la surface cachée par le tissu sain. Les radios sont observées à travers des lunettes spéciales et le cerveau visualise l’image globale en 3D. D’après les premiers résultats, le nombre de tumeurs détectées est augmenté (plus de 20 %) et celui des faux positifs diminué (près de 50 %). La technique serait réservée aux femmes à risque élevé de cancer du sein.