n°1216 Janvier 2010
Retour|Imprimer| envoyer à un ami
Santé FICHE CONSEIL L’homéopathie
L’homéopathie apporte une réponse thérapeutique à la plupart des pathologies courantes : affections ORL aiguës ou récidivantes, troubles digestifs, insomnie, maux de tête, allergies saisonnières, etc. À quels grands principes répond-elle ? Comment choisir la forme, la dilution ? Quelles sont les règles de base en matière de prises ? 
LES GRANDS PRINCIPES
  Similitude : Loi universelle de la nature appelée hormésis, selon laquelle les semblables sont guéris par les semblables (formule d’Hippocrate). A permis à Hahnemann de poser les bases de l’homéopathie : toute substance qui, administrée à forte dose, provoque chez un sujet sain un ensemble de symptômes, peut guérir des symptômes identiques chez un individu malade.
  Infinitésimalité : En application du principe de similitude, l’homéopathie utilise les effets thérapeutiques des substances, en atténuant leur toxicité par l’emploi de très petites doses jusqu’au niveau infinitésimal.
  Globalité et totalité : En plus du ou des symptôme(s) observé(s), l’homéopathie tient compte de l’individu dans sa globalité : particularités, terrain – composé de deux éléments essentiels : le type physique et psychologique, et les antécédents héréditaires et personnels –, agressions, etc. Elle vise à agir sur la totalité des symptômes, et pas seulement sur celui ou ceux qui occasionne(nt) la plainte.
Au-delà de ces grands principes, base de l’homéopathie, coexistent différents types de prescription. Ainsi le terme
« uniciste » désigne le praticien qui ne prescrit qu’un seul remède à la fois. Il s’oppose à « pluraliste », faisant référence à celui qui, dans une même prescription, utilise plusieurs remèdes, en général complémentaires et pris en alternance. Ce dernier est le plus répandu. Enfin, si le praticien recommande une préparation composée de plusieurs remèdes à prendre en plusieurs fois, il est « complexiste ».

QU'EST-ce QU'UN « CH » ?

• Le « C » signifie centésimale (dilution au centième) et le « H » fait référence à Hahnemann et représente le type de dilution dite en ce cas "dilution hahnemannienne"(1). Le chiffre précédent le CH précise la hauteur de dilution. Ainsi, Nux vomica 9 CH indique que la substance ou teinture mère a été diluée neuf fois au centième selon le procédé de Hahnemann.
• Le « D » existe également (à la place du « C »), pour décimale (dilution au dixième). Et le « K » peut remplacer le « H » s’il s’agit d’une méthode de "dilution korsakovienne" (2). Il n’existe à ce jour aucune règle de conversion officielle entre les deux types de dilution. Noter que les CK sont principalement utilisés dans les cas de prescription « uniciste ». (1) Technique à flacons séparés : autant de flacons que de dilution centésimale.
(2) Technique en flacon unique : au lieu de prélever un centième de la solution obtenue à la 1 CH, on en jette 99% et on dilue le 1% restant ; il reste à chaque nouvelle manipulation des traces des dilutions précédentes.


A QUOI SERT LA TEINTURE MERE ?

Résultat de la macération d’une substance d’origine végétale ou animale au sein d’un solvant eau/alcool approprié, la teinture mère est le point de départ des opérations de dilutions homéopathiques pour les souches végétales*, qui consistent en une série de déconcentrations successives suivies d’une agitation appelée dynamisation. Elle sert à la fabrication des médicaments homéopathiques tels que granules et globules, mais peut également être utilisée directement en soins locaux, diluée dans l’eau (petites plaies peu profondes, piqûres d’insectes, etc.).
* Les substances minérales ou chimiques insolubles sont, elles, soumises à une trituration (produit préalablement réduit en poudre) avant l’étape de dilution. Si la substance est soluble, elle est directement placée dans un solvant eau-alcool.

GRANULES, GLOBULES, DILUTION : COMMENT CHOISIR ?
• Les tubes de granules sont plutôt destinés à ce qui relève de l’aigu (en prises quotidiennes ou répétées, toutes les 1 ou 2 heures par exemple), les doses de globules aux affections chroniques (en prises uniques, hebdomadaires ou mensuelles). Cependant, les granules peuvent aussi être utilisés dans les pathologies chroniques, pour obtenir un effet de drainage (à raison de trois granules chaque matin par exemple). Et les globules être employés dans les pathologies aiguës, par exemple dans les suites de coup de froid sec (Aconit 15CH 1 dose globules). Mais le choix peut aussi se porter sur d’autres formes, comme les gouttes pour les symptômes aigus et les prises répétées ou les suppositoires pour l’enfant (éviter chez ce dernier les gouttes, en raison de la teneur en alcool).
• Les basses dilutions – 4 et 5 CH – sont indiquées pour le drainage, les moyennes – de 4/5 à 9 CH – généralement pour l’aigu et les symptômes locaux (spasmes, crampes, courbatures, affections ORL aiguës…), et les hautes – à partir de 12 CH – plutôt pour le chronique (allergie, herpès, etc.). Mais aussi : plus les symptômes « ressemblent » au remède choisi, plus il y a intérêt à utiliser une dilution élevée, et inversement.
De manière générale, le choix de la forme, de la posologie et de la hauteur de dilution dépend de la stratégie thérapeutique appliquée à l’individu.


QUELLES SONT LES REGLES PARTICULIERES A RESPECTER ?
Prendre les médicaments :
- À jeun si possible, sinon loin du repas précédent.
- À distance de la prise de menthe, café, thé ou tout autre excitant* (pas d’excitant dans la demi-heure qui suit l’absorption du médicament).
- En évitant de les toucher avec les doigts.
* L’hypothèse a été avancée selon laquelle les médicaments homéopathiques se fixeraient sur des récepteurs membranaires identiques à ceux sur lesquels se fixent les excitants.
 • En pratique, pour les granules : faire tomber dans le bouchon du tube le nombre de granules prescrits (prise de 3 ou 5 généralement) et les laisser fondre sous la langue (chez le nourrisson, il est possible de les diluer dans un peu d’eau, à condition de secouer l’ensemble 2 ou 3 fois pendant 5 minutes, pour « dynamiser » (ex. : 10 granules dans un biberon de 60 ml).
En pratique pour les globules : prendre le contenu de la dose en une seule fois en les laissant se dissoudre lentement sous la langue. Faute de dose, il est possible de prendre 10 granules de la même dilution.
En pratique, pour les gouttes : ne pas les prendre directement sur la langue mais les diluer dans un peu d’eau contenue dans une cuillère ou un verre (de 30 à 60 gouttes dans un peu d’eau généralement). Ne pas avaler d’un trait, mais garder quelque temps dans la bouche.
Conserver les médicaments homéopathiques à l’abri d’une trop forte chaleur (> 40°C) et de tout produit trop fortement odorant et volatil comme les parfums ou l’alcool camphré.
Pour conseiller un remède pour une maladie occasionnelle (cas aigus), se baser sur les symptômes récents les plus marquants. Le traitement doit être limité dans le temps : de 2 à 3 jours à une semaine au maximum, dès que l’action favorable est obtenue, espacer les prises dès amélioration et arrêter dès guérison. En l’absence d’amélioration, si les symptômes persistent ou s’aggravent, orienter le patient vers son médecin.
Si un traitement allopathique est en cours, le poursuivre car la prise de médicaments homéopathiques et allopathiques n’est pas incompatible, ces deux approches pouvant être complémentaires.


Claire Grevot 
Photo : Miguel Medina

SOURCES Avec la collaboration du Dr Pierre Popowski, secrétaire général du Syndicat de la médecine homéopathique et vice-président de la Société médicale de biothérapie. Voir aussi :
– www.homeopathiepratique.free.fr – Philippe Picard,
Conseiller l’homéopathie, éditions Boiron.
Image
La pharmacie homéopathique de base
CHEZ L’ENFANT
• Belladona –> fièvre, mal de gorge
• Arnica –> chocs et traumatismes
• Chamomilla –> poussées dentaires • Aconit –> peur, crises d’angoisse • Nux vomica –> suites d’excès alimentaires, vomissements après repas
• Gelsemium –> trac, anxiété • Cocculus –> mal des transports
Forme : granules ; hauteur de dilution : 5 ou 7 CH; posologie moyenne : 3 granules toutes les 2 heures.

CHEZ L’ADULTE
• Ignatia 9CH –> mal de gorge
• Antimonium tartaricum 7CH –> toux
• Bryonia 7CH –> mal de tête
• Coffea 9CH –> insomnies
• Aconit 15CH –> nervosité, angoisse
• Actea racemosa 7CH –> règles douloureuses
• Antimonium crudum 7CH –> suites d’excès alimentaires
• Borax 7CH –> aphtes
• Cuprum 7CH –> crampes
• Arnica 9CH –> courbatures