n°1236
janvier 2012
Actualité
Edito
On ne réalisera certainement que dans une décennie l’ampleur des mutations de l’année passée : 2011 aura marqué la fin d’un cycle durant lequel les grands ordres ont été chamboulés par les déficits sociaux, les scandales sanitaires à répétition et une baisse de confiance à l’encontre du médicament qui perdure. Pour la première fois l’an dernier, l’État et l’opinion publique ont été confrontés à l’évidence : les pharmaciens ont souffert comme tous les Français. Avec la crise, notre image de nantis a volé en éclats. Ce n’est que justice pour une profession aux abois depuis longtemps mais nous aurons payé cher ces a priori sur les pharmaciens, à force d’immobilisme des autorités. Les choses s’accélèrent aujourd’hui : après une année 2011 marquée par la maladie du système de soins et les défaillances de nos entreprises, je fais le pari que 2012 sera l’année de la cure. On juge un arbre à ses fruits : la qualité de notre système de santé ne pourra être estimée qu’à l’aune de sa capacité à s’améliorer et à produire du soin plutôt que des économies. Je fais le pari que 2012 sera l'année de la cure
En cela, il y a à l’heure actuelle quelques raisons d’être optimiste : la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS), votée après de nombreuses arguties entre Assemblée et Sénat, contient malgré les coupes sombres dans notre marge, quelques pépites pour la profession. Jugez plutôt : outre l’introduction d’honoraires dans notre rémunération, trois amendements viennent renforcer le réseau des officines au moment où il en a le plus besoin. Le passage à 4 500 habitants du seuil d’installation pour toute pharmacie supplémentaire, le gel des licences à douze ans – une durée équivalente à celle du remboursement d’un prêt – et même l’esquisse du fonds de solidarité que nous réclamons depuis des années sous la forme d’une procédure de rachat de licence pour les titulaires qui n’arrivent pas à vendre. À défaut d’un grand plan Pharmacie, la profession aura au moins eu un train de mesures favorables : de quoi nous renforcer pour supporter les 400 millions d’euros de baisse de marge qu’entraîneront les mesures de la LFSS 2012. Pour sauver la profession, il fallait agir vite et fort. Je ne voudrais pas galvauder plus encore les expressions « année charnière » ou encore « année cruciale » qui, à force d’avoir été utilisés à tort, ont été vidées de leur sens mais force est de l’avouer : 2012 sera une année cruciale. La fin d’un cycle.
Philippe Gaertner
Président de la FSPF
Miguel Medina