n°1182 juillet-aout 2006
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Actualité Assurances Confraternellement vôtre
La Mutuelle d’assurance des pharmaciens opère une véritable renaissance. Communication rénovée, ambitieuse stratégie de reconquête… Mais Jean-François Gueler, son président, le jure : « nous ne perdrons pas notre âme ! »

La présence de la MADP a été très remarquée lors du dernier Congrès national des pharmaciens, à Albi. Une présence qui s’accompagne d’ailleurs d’une vaste campagne de communication. Pourquoi cette nouvelle « visibilité » ?

Lorsque j’ai pris la présidence de la MADP, j’ai réalisé que nous manquions cruellement d’adhérents, ou plutôt que notre nombre d’adhérents – qui représente 20 % des titulaires – ne rendait pas justice à la grande qualité du travail que nous réalisions.
Je veux convaincre les confrères que, plutôt que de confier l’assurance de leur officine à des assureurs généralistes, en même temps que leur voiture ou leur maison, ils seraient mieux inspirés d’aller vers un spécialiste du risque professionnel. Nous sommes une mutuelle de pharmaciens pour les pharmaciens, performante, solidaire et fidèle. Si nous avons à la fois cette approche technique et professionnelle, c’est bien parce que nous venons de l’officine. Les généralistes couvrent leurs assurés en fonction de contrats et de clauses bien définis, assortis de plafonds et de franchises. A la MADP, nous n’avons ni plafond ni franchise, et nous sommes constamment à l’écoute de l’acte pharmaceutique. Cela veut dire que si un pharmacien est hors clause, nous examinons systématiquement son dossier en Conseil d’administration.
Nous savons pertinemment ce que peut représenter un gros « coup dur » pour un pharmacien, l’atteinte éventuelle à sa crédibilité en cas d’accident dans son exercice professionnel, et c’est pourquoi nous essayons toujours d’assister nos adhérents pour trouver des solutions amiables et éviter les tribunaux.

Ni plafond, ni franchise… cela se paye au final ?

Pour les tarifs, nous sommes au moins égaux aux autres assureurs. Comprenez bien que nous ne sommes pas des capitalistes : on redistribue nos excédents sous formes de ristournes. Tous les pharmaciens qui sont chez nous sont en quelque sorte des actionnaires…Qui plus est, la MADP est recordman de France de l’indice de solvabilité : on peut répondre à des coups durs.
Notre différence se constate sur la manière dont nous gérons les sinistres, qui recueille un taux d’adhésion de 97 % de la part de nos adhérents. En cas de problèmes, ils peuvent toujours compter sur le même interlocuteur téléphonique, qui assure une gestion personnalisée de chaque dossier. On sait de quoi on parle, et c’est pourquoi nous intervenons à la fois sur le sinistre proprement dit, et sur les conseils pour gérer le sinistre.

Pouvez-vous donner un exemple ?


Je suis titulaire d’officine, et pendant mes vacances mon pharmacien adjoint commet une erreur d’inattention qui conduit à un début d’empoisonnement et à quinze jours d’hospitalisation du patient. Lorsque je reviens de voyage, comment vais-je gérer l’affaire vis-à-vis de la police, vis-à-vis du public et des médias ? En pareil cas, nous sommes là, et nous nous déplaçons pour assister le pharmacien. Il faut savoir que dans ce type de circonstances particulièrement critiques, tout se décide en quelques jours seulement, et on peut, en s’y prenant bien et à temps, sauver une carrière professionnelle.

Sur le terrain, comment « recrutez-vous » vos adhérents ?

Nous avons eu un partenariat historique de cinquante ans avec la Médicale de France. Lorsque nous avons cessé cette collaboration, il y a une douzaine d’années, nous avons perdu près de 50 % de nos adhérents. Nous avons alors entamé une collaboration avec la MACSF, qui nous représente sur le terrain, dans la quasi totalité des départements, et que nous payons pour être une interface entre la MADP et les pharmaciens.
Je constate que nous avons manqué depuis quinze ou vingt ans de proximité géographique avec les confrères, et notre objectif, dans les années qui viennent, consiste donc à aller chercher le pharmacien dans son officine. Il faut faire savoir qui nous sommes !

Vous avez un objectif en tête ?


Je voudrais que dans quatre ans, nous ayons doublé le nombre de nos adhérents. Certes, la MADP se porte très bien et nous pourrions continuer de fonctionner comme cela pendant longtemps, mais ce serait dommage. On y perdrait notre âme…

Propos recueillis par Laurent Gainza
Photo Miguel Medina
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