n°1192 juillet-aout 2007
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Actualité Economie Les volumes baissent, pas les dépenses
Au-delà du ralentissement des dépenses de soins de ville en 2006, le bilan annuel de la Cnam sur la consommation et les dépenses de médicaments met en lumière une situation perfectible.
Deux milliards et demi, c’est le nombre de boîtes de médicaments qui ont été délivrées l’an dernier en ville, pour un montant de 20,3 milliards d’euros, tous régimes confondus. Malgré une baisse de 6,7 % par rapport à 2005, les remboursements de médicaments dispensés à l’officine ont progressé de 2,7 %. Première explication : le coût élevé des nouveaux produits mis sur le marché, mais aussi la présence croissante de spécialités issues de la réserve hospitalière, traitant des pathologies lourdes. « Les médicaments de plus de 15 euros ne représentent que 16,5 % des produits vendus, mais 67,3 % des dépenses », constate Monique Weber, responsable du département des produits de santé à la Cnam. Autre explication à cette augmentation des remboursements : la part croissante des traitements médicamenteux relevant d’affections chroniques – hypercholestérolémie, hypertension artérielle, diabète, asthme... –, qui concernent plus de 8 millions de patients. L’an dernier, près de la moitié des dépenses du régime général concernaient des médicaments pris en charge à 100 %, essentiellement au titre d’une ALD.

Rationaliser les prescriptions


Sur près de 3 500 produits commercialisés, les 100 premiers médicaments remboursés représentent à eux seuls près de la moitié des dépenses ! Avec « seulement » 3 000 patients leucémiques traités et des remboursements atteignant 111,8 millions d’euros, le Glivec se hisse ainsi au 8e rang des médicaments pris en charge par la Sécu. En termes de remboursements, le trio de tête reste le même qu’en 2005. Le Plavix demeurant le médicament le plus onéreux pour la collectivité : les remboursements de cet antiagrégant plaquettaire ont augmenté l’an dernier de 12,4 %, soit 402 millions d’euros pour le régime général. Les statines, en recul pour la première fois de leur histoire, ne rétrogradent qu’au deuxième rang des dépenses. Quant aux EPO, depuis qu’elles sont sorties de la réserve hospitalière, leurs ventes s’envolent. La progression la plus spectaculaire revient à l’antianémique Aranesp qui, de la 41e place en 2005, bondit à la 5e place, affichant une progression de... 127,4 %. En dépit de l’embellie, l’Assurance maladie devra redoubler d’efforts pour faire face aux coûts des nouveaux traitements dans les années à venir, sur fond de population vieillissante. « On s’aperçoit que les médicaments les plus chers et les plus récents sont souvent privilégiés au détriment de médicaments moins coûteux à l’efficacité comparable », souligne Hubert Allemand, médecin-conseil national à la Cnam. Si les efforts conjugués de la substitution, des baisses de prix et de la maîtrise médicalisée commencent à porter leurs fruits, reste à éradiquer les dépenses inutiles et économiser sur le reste, afin que les traitements lourds restent accessibles à tous. « Des marges de progrès réelles existent », insiste Monique Weber. Et pour cause : la France occupe toujours la première place des dépenses de médicaments en Europe.

Fanny Rey
Photo Miguel Medina
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Les 10 spécialités les plus onéreuses
Plavix 1 // 1 // 401,6
Tahor 2 // 2 // 310,7
Seretide 3 // 3 // 215,5
Inexium 4 // 5 // 157,3
Aranesp 5 // 41 // 135,1
Risperdal 6 // 13 // 124
Elisor 7 // 4 // 116
Glivec 8 // 10 // 111,8
Embrel 9 // 17 // 111,7
Symbicort 10 // 11 // 106,6
Nom de marque // Rang 2006 // Rang 2005 // Montant remboursé en millions €