n°1192
juillet-aout 2007
Santé
Recherche
Cancer : des avancées prometteuses
Début juin, le plus grand congrès mondial d’oncologie a réuni 30 000 médecins et chercheurs à Chicago, mettant à l’honneur de nouvelles thérapies ciblées.
Sur le thème « De la recherche aux traitements », le 43e Congrès annuel de l’American society of oncology (Asco), visait à faire le point sur les dernières avancées en matière de prévention et de prise en charge de cette maladie, deuxième cause de mortalité après les maladies cardiaques. Cinq jours durant, les résultats d’une trentaine d’essais cliniques ont ainsi été dévoilés, mettant en lumière de nouveaux traitements encourageants, notamment contre les cancers du rein, du sein, de l’ovaire et du foie.
Cancer du sein
La grande révolution thérapeutique de ces deux dernières années reste le bénéfice apporté par Herceptin (Roche) administré après chirurgie d’un cancer localisé. Associé à la chimiothérapie, il permet d’allonger le délai de vie sans rechute. Pour les stades plus avancés de la maladie, une autre piste consiste à utiliser Avastin (Roche) afin d’asphyxier la tumeur. Des études sont en cours pour étudier son efficacité et sa tolérance après chirurgie de cancer du sein localisé à des stades précoces afin, d’ici deux à trois ans, de pouvoir guérir davantage de patientes. Par ailleurs, des études plaident en faveur d’un élargissement du champ d’application de l’IRM aux femmes à risques et chez les femmes déjà diagnostiquées, afin de contrôler l’autre sein ou de mieux identifier les tumeurs.
Cancer du foie
Ce cancer, dont 6 000 nouveaux cas sont détectés chaque année en France, reste très difficile à soigner, le traitement actuel conduisant souvent à la résurgence de la tumeur. Une étude internationale a évalué l’efficacité de Nexavar (Bayer Pharma) face au cancer du foie. Dans le cas d’un cancer avancé, ce traitement prolonge la vie des patients de 44 %. Autorisé depuis peu en Europe et aux Etats-Unis pour traiter le cancer avancé du rein, ce traitement fait l’objet de plusieurs études pour l’évaluer sur d’autres formes de cancer.
Cancer du rein
Jusqu’à présent, il existait peu de traitements pour ce cancer qui touche chaque année plus de 8 200 personnes en France. Depuis deux ans, son traitement a connu coup sur coup deux révolutions, grâce à deux thérapies ciblées : Sutent (Pfizer) et Nexavar, bloquant l’angiogénèse. Avastin, qui agit en privant la tumeur de l’apport de sang nécessaire pour se développer et se propager dans l’organisme, permet par ailleurs de doubler le pronostic vital des malades atteints d’un cancer rénal avancé.
Cancer avancé de l’ovaire
Selon un essai clinique en cours de Sanofi- Aventis, Aflibercept freinerait la progression de ce cancer. Des essais de phase III sont actuellement menés pour étudier les effets de ce traitement en combinaison avec de la chimiothérapie traditionnelle sur cinq des cancers avancés du côlon, du poumon, de la prostate, du pancréas et de l’estomac. La mise sur le marché de ce traitement est prévue pour 2011.
Fanny Rey (avec APM)
Photo DR
Les résultats d’une trentaine d’essais cliniques ont été dévoilés
Roche, leader serein
Franz Humer, le PDG de Roche, estime que le groupe suisse possède une avance suffisante en oncologie pour ne pas craindre la concurrence des autres laboratoires pharmaceutiques, et ce malgré la multiplication des anticorps monoclaux : « Il n’existe aucune véritable concurrence pour Herceptin, Avastin et Mabthera (...) Aujourd’hui, il est beaucoup plus difficile d’arriver sur le marché que lorsque nous y sommes entrés. (...) Après ce que j’ai vu lors du congrès de l’Asco, je ne suis pas inquiété par la concurrence ». Fin mars, le pipeline de Roche en oncologie comptait 15 nouvelles molécules (essentiellement en phase I) et 38 projets d’extension d’indications. Huit dossiers étaient en cours d’homologation.