n°1192 juillet-aout 2007
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Santé Secourisme Les défibrillateurs se démocratisent
Face à un infarctus, recourir à un défibrillateur automatique permet d’augmenter sensiblement les chances de survie. Jusqu’à présent, leur usage était limité en France.
Les médecins, les paramédicaux, les sapeurs-pompiers et le personnel des compagnies aériennes n’ont plus l’apanage de l’utilisation des défibrillateurs. Tout un chacun est désormais habilité à utiliser un défibrillateur automatique externe (DAE) afin de limiter la mortalité par arrêt cardiaque, responsables d’environ 50 000 morts subites par an. Les DAE désignent aussi bien les défibrillateurs entièrement automatisés que les défibrillateurs semi-automatiques. Légers et de taille réduite, ces dispositifs médicaux sont capables d’analyser le rythme cardiaque avant que la délivrance d’un choc électrique adéquat rétablisse un fréquence normale et sauve la personne. Chaque choc est déclenché par l’opérateur – en cas d’utilisation du défibrillateur semi-automatique – ou automatiquement en cas d’utilisation du défibrillateur automatique. Dans l’idéal, cette opération doit être effectuée dans les six premières minutes, les chances de survie diminuant de 10 % par minute. Au bout de dix minutes, elles sont quasi-nulles.

Modalités à préciser

Vue la simplicité d’utilisation et le coût modéré – autour de 1 000 euros – des derniers modèles, de plus en en plus d’experts étaient favorables à la diffusion Les titulaires d’officine peuvent désormais installer un DAE dans leur pharmacie de ces appareils dans certains lieux publics (terrain de sport, maisons de retraite, centre de congrès, complexes commerciaux, aéroports, infirmeries de grosses entreprises...). « La mise à disposition du public des défibrillateurs reste à l’initiative des collectivités locales et territoriales, des administrations et des entre-prises », indique-t-on au ministère de la Santé. Les titulaires d’officine peuvent désormais, s’ils le souhaitent, installer un DAE dans leur pharmacie afin de faire d’une pierre deux coups : intervenir en cas d’accidents cardio-respiratoires, le cas échéant, et inciter leurs clients à se former aux gestes qui sauvent en leur rappelant la nécessité de commencer par alerter les secours en appelant le 15, le 18 ou le 112. Pour préciser ce dispositif, un recueil de données, alimenté par les informations transmises par les équipes de secours relatives à la répartition géographique des DAE, à leurs modalités d’utilisation et aux données statistiques réunies sur les personnes prises en charge, sera mis en place très prochainement par arrêté du ministre de la Santé.

Fanny Rey
Photo DR

Pas de formation obligatoire
Le décret publié au Journal officiel le 5 mai ne fait pas fait mention d’une formation à l’utilisation du défibrillateur ni aux gestes d’urgence. « Compte tenu de l’absence de risque et de la facilité d’utilisation des DAE, il a été décidé de ne pas imposer de formation préalable obligatoire pour l’usage de ces défibrillateurs, ce qui aurait eu pour effet d’empêcher, lors de situations d’urgence, l’intervention de toute personne qui n’en aurait pas bénéficié », explique-t-on au ministère de la Santé. Une formation aux premiers secours demeure néanmoins utile et recommandée, seuls 6 % des Français étant actuellement formés aux gestes de premiers secours. Le grand public peut se former auprès du Samu, de la Croix-Rouge ou des sapeurs-pompiers, afin d’obtenir une attestation de formation aux premiers secours ou une attestation de formation aux premiers secours complémentaire avec matériel médical. Pour les professionnels de santé et les personnels des établissements sanitaires et médicaux-sociaux, une attestation de formation aux gestes et soins d’urgence a été mise en place par l’arrêté du 3 mars 2006.
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