n°1202 juillet-aout 2008
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Santé Contraception La pilule change d’horaire
L’oubli de la pilule constitue la principale cause d’échec de la contraception orale. L’horaire de la prise pourrait néanmoins s’avérer déterminant pour limiter cet écueil.
Déjà quarante ans que la contraception orale est légalisée en France, mais le nombre d’avortements pratiqués chaque année reste désespérément stable (200 000 actes selon l’Ined(1)). Plus inquiétant encore, 23 % des femmes qui ont recours à l’IVG prennent la pilule. Ces grossesses non désirées résultent le plus souvent d’un oubli malencontreux, l’efficacité de la pilule n’étant pas remise en cause si son bon usage est respecté. Or, la prise quotidienne à heure régulière est parfois difficile à concilier avec le rythme de vie moderne. Aujourd’hui, 87 % des Françaises prennent leur pilule le soir, probablement pour l’associer au rituel du coucher. Cet horaire tardif semble pourtant peu propice au rattrapage d’un oubli dans le délai accordé : douze heures pour les pilules oestro-progestatives (Adépal, Cycléane, Diane, Jasmine…).

Préférer la prise matinale

A l’inverse, si les femmes s’habituaient à prendre leur pilule le matin, elles auraient alors toute la journée pour s’apercevoir de leur oubli. « Dans la majorité des cas il semble intéressant de donner ce conseil, mais il y a toujours des exceptions comme les femmes qui travaillent avec des horaires décalés », analyse Françoise Boisquillon, gynécologue à Joué-les-Tours. Autre cas particulier, les pilules progestatives pures (Microval, Cerazette) pour lesquelles la marge d’erreur est réduite à 3 heures. On se voit mal demander aux patientes de se réveiller pour leur contraception ! Entamer une nouvelle plaquette constitue également une source d’oubli potentiel. Voilà pourquoi la JasminelleContinu, ne nécessitant pas de semaine d’interruption, est arrivée récemment sur le marché (voir l’encadré). Quant aux incorrigibles, celles pour qui la rigueur de prise constitue une réelle contrainte, « on préfère leur conseiller le patch (Evra), l’anneau vaginal (Nuvaring) ou le Depo-Provera », explique Viviane Devitry, conseillère conjugale au Planning familial de Paris. Ces systèmes dont l’action se prolonge dans le temps réduisent très nettement le risque d’oubli. « On n’est pas pour la pilule à tout prix », renchérit-elle. La solution est peut être là : prévenir en amont les oublis en offrant à chaque femme le moyen contraceptif qui lui convient le mieux. A vous d’engager le dialogue et de proposer.

Anaïs Bellan

(1) Institut national des études démographiques

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Les pilules en prise continue
Le laboratoire Bayer s’apprête à commercialiser une deuxième pilule en prise continue, Yaz, disponible à l’automne. La prise consiste en vingt-quatre comprimés actifs suivis de quatre placebos, moment où les règles apparaissent. Tout comme sa grande soeur, JasminelleContinu (voir Le Pharmacien n° 1200), elle permettra d’enchaîner les plaquettes sans faire de pause. Le risque de ne pas recommencer le traitement après la semaine d’interruption est ainsi limité, mais les ambitions de Yaz ne s’arrêtent pas là. Le laboratoire espère obtenir prochainement un élargissement des indications à la prise en charge des symptômes prémenstruels (maux de tête, dysphorie) et au traitement de l’acné modéré (la drospirénone est un progestatif présentant une activité anti-androgénique). Prochaine étape pour la contraception orale : la suppression des menstruations. Deux pilules oestro-progestatives, Seasonale et Lybrel, sont déjà disponibles outre-Atlantique. Saesonale (91 comprimés actifs suivis de 7 placebos) réduit la fréquence des menstruations à 4 par an au lieu de 13, contrairement à Lybrel qui les supprime totalement. Des saignements peu abondants et de courte durée sont tout de même à prévoir durant les premiers mois de traitement.